Vous êtes ici : Passions > Aéronaute
Aéronaute

La Provence en ballon

Jacques MASSEMIN

« Si c’est ça la montgolfière, alors ça me plaît » déclare Jacques, dégoulinant d’eau, assis sur les berges de la Durance à son copain éberlué. Pourtant le premier vol en ballon qu’il vient d’effectuer sur invitation de cet ami a failli tourner en catastrophe.

Partis de Barbentane, les deux amis terminent leur voyage dans les eaux de la Durance d’où il a fallu nager pour regagner la rive puis, jusqu’à cinq heures du matin, tout faire pour récupérer voile et nacelle. Loin de décourager Jacques qui est un battant, cette expérience le galvanise. Une vocation vient de naître, il deviendra aéronaute.

Patron d’une société de soudure d’une vingtaine de personnes, il abandonne en 1978 son métier, achète un ballon et un 4x4 pour le transporter. Une autre aventure commence pour lui et sa famille. Sa nouvelle société "Ulysse - Aventure" installée à Barbentane va lui permettre de "prendre un peu de hauteur".

Depuis, il est devenu aéronaute instructeur et pilote de montgolfières. Il forme des jeunes au pilotage, largue des parachutistes en mal de sensations fortes après les avoir fait grimper à 3 000 m, promène des voyageurs au-dessus de notre village, de la Provence mais aussi dans le monde entier.

En 1983 il traverse le Sahara, parcourant 2 200 km durant trois mois, au-dessus des dunes entre ciel et sable, et ramène des photos éblouissantes.

Mais 1996 a été une année riche en évènements car c’est sur le toit du monde, au-dessus du Tibet, que Jacques et son épouse ont dirigé leur objet volant. L’équipe bien connue du commandant Cousteau avait besoin d’un moyen aérien pour une mission d’exploration aux sources du fleuve Jaune sur les hauts plateaux tibétains. Les hélicoptères ne pouvant monter à trop haute altitude, c’est la montgolfière et "Ulysse - Aventure" qui ont été choisies.

Trois mois à 5500 ou 6800 m d’altitude, parfois par des températures de moins vingt degrés. Jacques forme les équipiers, permet à l’équipe Cousteau de réaliser des vues aériennes, plonger sous les lacs salés de Qinghaï et Chaka, admirer les sommets de L’Himalaya (8846 m), rencontrer des tibétains et des cavaliers mongols curieux et éblouis qui les accueillent chaleureusement, survoler les villages de la région du Kingaï avec leurs sanctuaires où flottent des milliers de foulards colorés recouverts, comme chaque pierre des murs qui les entourent, de textes sacrés écrits ou gravés pour être invoqués éternellement. Survolant aussi des lamaseries, des troupeaux de chameaux et de yacks ruminant l’herbe de la steppe et dont la bouse séchée sert de combustibles....

Ce voyage en ballon a en outre permis à Jacques, non sans mal, de réaliser un rêve : survoler la muraille de Chine. Cinq ans de paperasserie pour convaincre les autorités chinoises et arriver à cette grande première qui a laissé impressions et souvenirs impérissables.


Contacts | Espace privé | Mise à jour le 2 mai 2013 | Plan du site | Haut de Page