Vous êtes ici : Traditions > Li Chivau > Chevaux au travail avant 1911
Chevaux au travail avant 1911

Le cheval a toujours occupé une place importante dans la vie de Barbentane comme dans celle de tout village rural. Il accompagne, depuis la nuit des temps, le travail, les fêtes et les conversations. Il est la force indispensable à de multiples tâches : Retourner les sols avec la charrue, tirer jardinières et remorques des terres aux marchés, animer les norias et moulins à huile, charrier sacs et corbeilles, emmener les promeneurs loin de chez eux, porter gardians et toreros...

Chaque mas possède alors un ou plusieurs animaux de trait, des mulets surtout, originaires de Seyne-les-Alpes ou du Poitou, préférés pour les jardinières légères. Plus rustiques et légers que les chevaux, plus économes d’entretien, ayant aussi une plus grande longévité au travail, ils sont en général peu dociles et plus difficiles à maîtriser : « têtu comme une mule ! ».

Au fur et à mesure que la richesse des fermes augmente le nombre de mulets diminue (185 en 1819) et celui des chevaux s’accroît (21 en 1819). Il y a aussi de lourds "bretons" pour les gros travaux et quelques ânes, les chevaux du pauvre (80 en 1819), auxquels il est rendu hommage depuis quelques années au cours de la foire aux ânes de la fête de Saint Joseph.

En 1819, ces 286 bêtes tirent 161 charrettes dont 112 petites charrettes appelées "méringottes", que chaque propriétaire possède (2 propriétaires n’ont pas de charrettes et 4 en possèdent 2).

La vie du cheval occupe un espace important dans les fermes : Écurie où l’animal mange et dort, réserve de foins dans la "finière", fosse à purin et tas de fumier à proximité, local pour les outils et matériels d’attelage ou de travail, terrains de céréales ou de prés...

Le temps consacré au cheval est donc très important : Manger et boire 3 fois par jour, faire la litière propre avec la paille des moissons, nettoyer et brosser l’animal, ferrer les sabots, réserver des terres pour les prés - les semer - faire les foins - les rentrer au grenier, tirer le purin et enlever le fumier - qui "orne" chaque cour de ferme - puis l’épandre dans les champs pour les fertiliser..., travailler avec les bêtes, aller et revenir aux champs, aux marchés.

Jusqu’en 1911, sur les drailles et chemins, ils sont les rois de la route.

Puis commence leur déclin, suite aux progrès aratoires et à la mécanisation, aux difficiles conditions de vie que l’animal impose à la famille du propriétaire (odeur, saleté, travail...), aux changements :
- de cultures (moins de céréales et de prés, plus d’arbres et de légumes),
- de mentalités (vitesse, coûts, hygiène...).

Le cheval-vapeur remplace petit à petit l’animal dans les champs et les ateliers.

Avec cette disparition progressive, ce sont de nombreux artisans dont l’activité est liée au cheval qui doivent se reconvertir ou disparaître : bourrelier, sellier, maréchal-ferrant, marchand de foins et pailles, charron, forgeron, maquignon...


Contacts | Espace privé | Mise à jour le 2 mai 2013 | Plan du site | Haut de Page