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Association de maintien - Contes et historiettes

Régulièrement au village, surgissent des associations qui organisent des activités autour de la langue provençale : cours de langue, conférences, travail historique, costumes, festivités...

La dernière en date « Li Pichot Galapian », œuvre de manière originale et dynamique au maintien de la langue :
- Ateliers de confection, de danse, d’apprentissage et d’expression en Provençal,
- Création littéraire et publication,
- Recherche historique puis réalisation de conférences ou exposition sur des thèmes divers,
- Participation et aide à tous les groupes locaux ayant le Provençal pour référence.
Pour les associations culturelles qui en bénéficient, c’est un véritable bain de jouvence et pour la langue provençale, c’est un renouvellement porteur d’espoir.

D’autres, comme le « Groupe Artistique », installées depuis longtemps et dont nous parlons plus loin, participent à leur façon à faire vivre la langue provençale.

Mais, en matière de contes et historiettes locales, Barbentane possède un auteur de talent : Henri DAUDET qui en plus des œuvres théâtrales dont nous parlons dans un autre article, écrit aussi « les contes du Messourguié ».

Une trentaine de nouvelles, poèmes, historiettes, toujours en langue provençale, sont lus par l’auteur ou ses amis au cours des rencontres amicales, fêtes communes ici et ailleurs, pour le plus grand plaisir de tous. Parmi elles, quelques-unes sont devenues célèbres comme Le Mac-Do, ou Ô Prouvençau, véritable appel avant-gardiste contre la mal-bouffe pour le premier, cri d’amour envers la langue provençale pour le second.

Nous vous présentons le conte qui suit avec son autorisation. Les non-initiés essaieront de comprendre car on ne peut traduire le provençal sans enlever ce qui en fait son charme et encore moins y ajouter les mimiques et expressions truculentes qui lui donnent vie. Pour apprécier la valeur de ce texte, il faut donc être capable de lire la langue provençale.

Renfort (avril 1997)

Préambule : Il est vrai que la Montagnette, avant la terrible myxomatose, regorgeait de gibier, particulièrement de lapins, mais aussi de perdreaux, de grives, de bécasses et autres, si bien que le jour de l’ouverture de la chasse, la "Mountagno", comme l’appelaient nos chasseurs, retentissait dès l’aurore de mille coups de fusil : C’était un véritable feu d’artifice qui multipliait les scènes de chasse et, le soir, à l’heure du pastis, il n’était pas rare qu’un conteur naturellement doué restitue l’une d’elles, devant le comptoir du bistrot, et en présence d’un auditoire nombreux, intéressé et parfois..., sceptique.

Le récit qui va suivre provient, à travers le temps, d’un de ces conteurs de l’époque dont la légende locale murmurait qu’il montrait beaucoup plus de brio dans ses récits que pour son adresse au tir. Voici ce reportage, rédigé en Provençal, qui était la langue de l’auteur et qui constitue, en même temps, le témoignage d’une époque disparue.

"Aquest an, ai agu uno chanço benido ! Ai toumba s’un chin d’arrèst coume n’aviéu jamai vis : Doucile, intelligènt e..., bon cassaire ! Is ben simple, ém’éu, is impoussible de reveni bredouïo ! Is esactamen lou chin que me foudié ! Tant ben que, aro, me pode pus passa d’éu e que l’ai bateja "Renfort", e vous vòu counta ço que nous ei arriva la semano passado :

Un matin, à la pouncho du jour, parten touti dous de l’oustau, arriven à la proumiéro coussiéro de la moutagno e, de suito, au bèu mitan d’un’òusino, Renfort s’arresto, la pato en l’air..., e bouligo pus !... Just ém’aquéu moumen, m’aperçuve qu’ai oublida ma biasso à l’oustau, quin de goï, creses que noun !... Alors, i’é dise au chin : "Renfort, bouligues pas, qué, tèn ben l’arrèst, que vòu quere moun dejeuna".

Alors, m’entorn’à l’oustau, prepare ma biasso tranquile en fasèn rousti ma sòucisso que me regale, mounte lou café à Petroniho que se venié de reviha, me n’en serv’un degout per iéu, e reparte eme moun fusil e moun carnié...

E bé, moun béu, quand arrive mai au bord de l’òusino, Renfort avié pas bouliga d’un péu e tenié toujous l’arrèst. Alors, de que fòu : Amire e i’é dise : "Renfort, bourro-lou !". Lou chin founso e me part uno lebrasso que fai au mens nòu iéuro !... E aqui, me crèires pas de segur : Ere talamens segur de moun cop que l’ai mancado !... VO ! L’ai mancado ! Dous cop encaro !... Ere impardounable !... Mai lou pus fort, vous l’ai pas dis : Renfort se mes à bidoula, à gingoula e..., s’entorno à l’oustau !... Alors m’entorn’em’éu, i’é demande de m’escusa, que l’ai pas fa esprès, patin-coufin...

Ren de tout. Lou chin s’èi coucha dins sa banasto à l’oustau e a pus boulega enjusqu’au lendeman, oui monsieur ! (sic)... Ana me n’en quere un, vous autre, de chin inteligènt coume moun Renfort !


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