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Crèche - Pastrage - Symboles
La Crèche

C’est à l’occasion de Noël qu’un homme simple, près de la nature et qui aimait les animaux, Saint François d’Assise, dont la mère provençale était née à Tarascon, eut l’idée à Greccio (Italie) en 1223, de célébrer cette fête en faisant un tableau vivant avec des animaux et retraçant la naissance de Jésus.

Plus tard on y ajoutera un tas de personnages de toutes tailles et en matériaux divers (bois sculpté, plâtre, poupées habillées...), appelés santons (Santoun en provençal, Santi Belli en italien, Jolis Saints en français) qui représentaient la Sainte Famille, les 3 Rois Mages et des bergers habillés en costume biblique venus adorer le nouveau Messie.

En 1793, le gouvernement décrète la fermeture de certaines églises et interdit la présence de bondieuseries (figurines de saints) dans celles restées ouvertes. Elle provoque chez les provençaux une réaction : Ne pouvant réaliser la crèche dans les églises, chaque famille va en réaliser une chez elle avec de petits personnages d’environ 7 cm modelés dans l’argile de la région.

Les citoyens marseillais ajoutent même d’autres personnages représentant les gens du quartier ou village, les bras chargés de présents se dirigeant vers la Sainte Étable. Jean Louis Lagnel, professionnel du modelage est considéré comme le père des santons qui deviennent depuis un important artisanat.

C’est ainsi que pour les familles de Provence, la crèche devient l’expression de la vie locale : Sous l’étoile Brillante et autour de l’enfant Dieu, on trouve Marie et Joseph, l’âne et le boeuf, les moutons et les bergers, puis on voit apparaître le garde champêtre, le ravi, le meunier, le braconnier, le boumian, le chasseur, le boulanger et encore la poissonnière, les belles filles d’Arles, Margarido, Pistachier et tant d’autres...

La crèche 2009 de l’église - photo Michel BERTAUD

La mousse et le houx constituent les végétaux de base, le moulin et l’olivier décorent le massif, et les personnages provençaux occupent une telle place que la crèche devient une de ses traditions.

Elle évolue avec le temps et suivant les familles. S’y ajoutent aussi les personnages proposés par les fabricants, les ouvrages, techniques et décors composés à l’initiative des enfants.

Sa présence dans la salle à manger peut être un témoignage de foi, une initiative festive, une décoration de Noël, un jeu de personnages pour les enfants. La municipalité de Barbentane organise annuellement un concours de crèches pour encourager cette initiative.

Le Pastrage

C’est une cérémonie symbolique qui a lieu au moment de la messe de minuit dans l’église en signe d’offrande au Christ qui vient de naître.

Des « pastres » ou bergers conduisent une petite charrette ornée de buis et de rubans, tirée par une brebis enrubannée accompagnée de son agneau porté par un jeune berger.

Ils apportent les offrandes des fruits de la terre et se dirigent vers la crèche pour aller chercher l’enfant Jésus qui, précédant le groupe, est porté vers le maître-autel où l’agneau de lait, symbole de la pureté, lui est offert.

Tous les Chrétiens (hommes seulement !), porteurs d’une chandelle symbolisant la lumière, suivent les bergers pour l’adoration à l’enfant et l’offrande de tout ce qu’ils ont dans leur coeur.

Pendant celle-ci, le cérémonial est immuable depuis les chants de Noël de Nicolas Saboly au XVIIe siècle : "Les Anges dans nos campagnes" chanté par la chorale dans l’église et un choeur de femmes, à l’extérieur de l’église, lui répond comme en écho pour annoncer la bonne nouvelle.

Ce sont les prieurs de St Jean qui organisent ce pastrage. La charrette est la même depuis plus de 100 ans. Les bergers jouaient autrefois eux-mêmes des cymbalettes, galoubets et tambourins, mais maintenant la troupe est accompagnée par la musique de La Masseto Provençale et les chants de La Chorale.

Le soir et le lendemain matin de Noël, cette messe attire de nombreux participants et se reproduit dans quelques villages de Provence.

Les symboles autour de Noël

Blé et parfois lentilles plantés dans trois soucoupes à la Sainte Barbe, pour orner la table de Noël et des jours suivants : Symbole de la prospérité et présage de résurrection de la nature pour les récoltes à venir.

Fougasse ou pompe à huile et navette accompagnées de vins de noix ou de cartagène : Symbole du savoir-faire.

La gousse d’ail sur la table, présage de germination de la nature.

Gros souper de Noël où se succèdent 7 plats maigres avant les 13 desserts (voir Spécialités culinaires). Puis le réveillon de minuit et sa ronde des plats et mets bien arrosés. Enfin, le lendemain une soupe à l’ail ou L’Aigo Boulido pour aider la digestion : Symbole de l’abondance.

Les trois nappes superposées signifiant que la table est dressée pour trois fêtes (Noël, 1° janvier, Epiphanie du 6 janvier), les trois bougies représentant les trois temps (Passé en souvenir des morts, Présent en témoignage de fidélité aux parents et amis, Futur dans l’espérance des enfants à naître), comme les trois soucoupes, symbolisent la Sainte Trinité : Symbole de la solidarité.

Sans oublier ceux qui n’ont plus cours :

- Cacho-fio ou Bûche de bois. Arbre fruitier mort naturellement, non abattu, porté autour de la maison par le plus jeune, béni avec du vin en disant :
Allègre, allègre, (Réjouissons-nous)
Cacho-fio vèn, (La bûche vient)
Tout bèn vèn, (Tout est bien)
Mi bèu enfant, (Mes beaux enfants)
Dièu vous allègre, (Dieu nous réjouit)
E l’an que vèn, (Et l’année qui vient)
Se sian pas mai, (Si nous ne sommes pas plus)
Siguen pas men. (Ne soyons pas moins)
Il est ensuite brûlé dans la cheminée. Représente les symboles de la lumière et de la famille.

- Place du pauvre réservée par un couvert supplémentaire à la table de Noël pour celui qui demandera asile.


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