Vous êtes ici : Histoire > Hydraulique > Fossés-Lonnes-Roubines
Fossés-Lonnes-Roubines
La trilogie hydraulique locale
Le fossé

Chaque chemin, route ou voie, ici comme ailleurs, dispose sur ses deux côtés d’un fossé d’écoulement, plus ou moins important suivant les quartiers, pour recevoir et évacuer les eaux de pluie, de ruissellement des talwegs de la Montagnette ainsi que de la dizaine de sources et résurgences du village. Les filioles d’arrosage agricole y déversent aussi leur surplus.

Ces fossés ou eigaliéro ou galié ou riau ou rièu ou ruisseaux évacuent les eaux vers des canaux de regroupement ou de dérivation appelés « roubines »

Lorsque les eaux de la roubine étaient propres, les riverains, qui y avaient installé autrefois des lavoirs, les utilisaient pour laver le linge. Mais certains fossés reçoivent aussi les écoulements domestiques des maisons d’habitation situées sur le parcours, ce qui pollue les eaux, le secteur et la roubine réceptrice.

La roubine

Les roubines se déversent dans un canal plus grand appelé ici « la lonne » (au village voisin de Graveson, c’est le contraire !) chargée d’écouler toutes les eaux par sa grande capacité et sa disposition.

Ces roubines du village ont une dimension plus grande que les fossés dont elles recueillent les eaux et on trouve ainsi dans les quartiers :
- La roubine de Réchaussier, du Petit Claux à Cambageon avec deux directions, vers la Durance et vers St-Joseph Nord,
- La roubine de Carrière, de la Bruyère à la Rebutte,
- La roubine du mas Blanc, de la Bruyère au Pont de Mistral où elle rejoint...
- La roubine de Terrefort, de Massaudy à Cacalauze où elle rejoint...
- La roubine du Colombier, construite vers un ancien gaudre ou talweg naturel de l’Etang, part du Puits de la Ville (route de Frigolet) vers Terrefort puis le Pont de Mistral où elle rejoint...
- La roubine de la draille Pelouze (route de la Gare), du Pont de Mistral à la Rebutte où une prise la divise en deux roubines, celle de St-Joseph Nord s’écoulant vers la Lonne, celle de St-Joseph Sud appelée...
- La roubine de Mondragon ou du Deyme (construite en 1668), de la Rebutte au Pont de la Gaffe, où se trouvait le « Barrage de la tête de chat »,
- La roubine ou fossé des Esplantades, écoulant aussi la source de la Fontaine à la Lonne.

La Lonne

La Lonne, autrefois appelée « La Roubine Vieille », est un ancien bras de la Durance qui, au moyen-âge, s’écoulait de la Ramière à St-Joseph vers le Pont de la Gaffe et le quartier Mouton. Elle reçoit la totalité des eaux du village pour les évacuer à l’ouest dans le contre-canal du Rhône.

Le sous-sol de la plaine contient aussi de nombreuses lonnes souterraines, nappes créées par les comblements anciens ou creusées par les infiltrations du Rhône et de la Durance. Orientées Est-Ouest, à des profondeurs de 2 à 20 mètres suivant les quartiers et les époques pluvieuses, leurs eaux filtrées naturellement sont utilisées pour les pompages agricoles et la consommation humaine grâce à des forages directs : En 2000, 50% des foyers de Barbentane et 95% des foyers de Rognonas n’avaient que cette ressource pour leur alimentation.

Régulièrement entretenus par les services municipaux, ces ouvrages hydrauliques : fossés, roubines ou lonnes constituent l’essentiel des moyens actuels d’évacuation des eaux, sans changement depuis des siècles dans un environnement aujourd’hui profondément modifié...


Contacts | Espace privé | Mise à jour le 2 mai 2013 | Plan du site | Haut de Page