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Le bénévole

Une espèce remarquable d’intérêt communautaire à préserver

Le bénévole (activus bénévolus passionaïfus) est un bipède qui vit surtout dans les Associations où il se réunit régulièrement avec ses congénères, rassemblés grâce à un signal mystérieux appelé "convocation".
Ils se retrouvent aussi en petits groupes dans divers endroits, quelquefois tard le soir, l’oeil hagard, le cheveu en bataille et le teint blafard, discutant ferme de la meilleure façon d’animer une manifestation ou de faire des recettes supplémentaires pour boucler un budget.
Le téléphone et l’internet sont des appareils très utilisés par le bénévole et qui lui prend beaucoup de son temps. Ils lui permettent de régler une multitude de petits problèmes qui se posent au jour le jour : salles à réserver, programmes à fignoler, publicités à créer, paperasses à régler, factures à payer, réunions à prévoir...
On peut dire que cette catégorie d’individus n’a pas son pareil pour vous mettre de l’ambiance, créer de l’agitation là où le calme somnolent règne et colorer un paysage grisonnant de toutes sortes de personnages sur des sujets les plus variés. C’est bien simple, s’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer.

Seulement voilà, le bénévole a un ennemi héréditaire appelé le "yaqua" (nom populaire du yarienus quacadus) dont les origines se perdent dans la nuit des temps vers l’époque des ploutocratus.
Le yaqua est lui aussi un mammifère bipède, mais il se caractérise surtout par un cerveau miniature qui ne lui permet de connaître que deux mots "y’a qu’à", ce qui explique son nom, et par une langue à éruption intempestive, munie à l’arrière d’un dard acéré crachant à tort et à travers un venin visqueux. Il arrive, avec beaucoup d’effort, à dire "trop de bruit", lorsque les activités associatives sont un succès, ainsi "qu’incapables", lorsque leur résultat est mitigé. Mais pas question de donner un coup de main, le "y’a qu’à" est avant tout un saprophyte grincheux.
Il s’installe parfois à l’intérieur même du groupe et chaque association en a connu un spécimen, bien abrité dans la cité anonyme, qui attend le moment où le bénévole fait une erreur, un oubli, pour bondir, lancer son poison et atteindre le bénévole en provoquant parfois chez celui-ci une affection très grave : "le découragement". Il semble avoir plaisir à blesser, comme par jalousie de ne pouvoir arriver au même résultat. Lorsque, par manigances, le « yaqua » s’installe aux commandes du groupe, c’est alors l’ensemble des adhérents qui est vite atteint de “la découragenite”.
Les premiers symptômes de cette implacable maladie sur les sujets touchés sont :
- Absence de plus en plus fréquente aux réunions,
- Intérêt croissant pour son jardin,
- Sourire attendri devant une canne à pêche,
- Attrait de plus en plus vif pour le fauteuil et la télévision.
C’est pourquoi il est conseillé aux courageux bénévoles de résister, de ne pas écouter ces maîtres de l’intrigue, de la médisance et de la calomnie. La vie a trop besoin d’eux. En leur prêtant l’oreille, ils donnent corps à leurs propos, se laissent happer par leur méchanceté, glissent encore plus vite vers la démoralisation qu’ils veulent leur infliger.
Au contraire, il faut toujours avoir présent à l’esprit cette phrase célèbre : Même si le “yaqua” aboie, le bénévole passe.
Sinon les bénévoles, ainsi attaqués et décimés, risquent de disparaître, et il n’est pas impossible que, dans quelques années, on rencontre cette espèce uniquement dans des parcs culturels où, comme des malheureux animaux enfermés au zoo, ils n’arrivent plus à se reproduire.
Les "yaquas", victorieux et esseulés, avec leurs petits cerveaux et leurs grandes langues, viendront leur lancer des cacahuètes pour tromper leur propre ennui, en se rappelant avec nostalgie le passé pas si lointain où le bénévole abondait et où l’on pouvait le traquer sans contrainte.


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