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Centre ancien défiguré

Le quartier des Gueux réhabilité ?

Une très longue histoire

Le projet d’aménagement prévu par la municipalité dans le Centre ancien de Barbentane a déjà une très longue histoire.
Il concerne la zone comprise entre les rues du Puits et Pied-Cocu, traversée par la rue Droite, à quelques mètres de la Tour, de l’Église, du château d’Andigné et de la Maison des Chevaliers, quatre des monuments historiques locaux...
Ce terrain en très forte pente situé sur le rocher, est abandonné depuis la dernière guerre. Les caves, citernes, et maisons en ruines sont nombreuses, recouvertes de broussailles et de remblais sur 2 à 3 mètres de profondeur.
Au Moyen-Âge, ce quartier des gueux, était le lieu d’habitation de quelques artisans ou travailleurs des champs avec parfois écuries et animaux, mais aussi des plus pauvres et miséreux du village, indigents quêtant aux portes de la ville..., où maladies et épidémies faisaient parfois des ravages.
Délaissé pour cause d’insalubrité et d’incommodité, il retrouve l’intérêt en ce siècle, car les responsables municipaux sont soucieux de récupérer ce grand espace inutilisé et de valoriser ce quartier.
Cet aménagement semble d’autant plus intéressant aujourd’hui, que la plaine connaît des difficultés de construction à cause de son caractère inondable, et que la Montagnette doit être préservée (!)
La densification du vieux village offre alors quelques avantages complémentaires à l’utilisation du secteur, par exemple d’accroître la population dans la vieille cité et autour des commerces du centre-ville, de réaliser des garages afin de supprimer à terme la présence des véhicules sur la place de l’Église ou sur ses abords.
La réhabilitation du « Centre ancien » est donc devenue au fil des municipalités un projet récurrent.

Les études de réhabilitation

En 1979, la municipalité de M. Sarrazin a un programme d’aménagement et de restructuration prévoyant vingt-cinq à trente logements dans le quartier. L’étude d’urbanisme et l’avant-projet n’ont pas eu de suite.
En 1991, la Municipalité de M. Montlahuc, étudie un aménagement conséquent de vingt à vingt-cinq logements, trente-sept garages et trente-cinq places de stationnement public, fait effectuer un sondage des ruines pour connaître la présence de matériaux historiques et surtout l’état du sol sur le rocher, puis lance en 1994 un projet de réhabilitation avec la société « Un toit pour tous ».
Très mal reçu par les électeurs, l’échec électoral de la liste Montlahuc en 1995 arrête ce projet.
La municipalité de M. Ginoux lance plusieurs études pour réaliser un simple aménagement en plate-forme et parking, mais sans suite, les problèmes de pente, de trafics d’engins, de mouvements de la surface et effets sur les immeubles voisins..., en dissuadent les responsables.
Dès son élection, la nouvelle municipalité élu en 2001, dont le Maire M. Ichartel était alors adjoint dans celle de M. Montlahuc, reprend le projet de réhabilitation. Elle met en place en 2002 une commission d’élus « Centre ancien » et lance l’étude urbaine du "haut village" avec le CAUE, pour un aménagement qui se précise aujourd’hui.

Chaque étude menée par chaque municipalité a eu un coût financier pour le budget communal, sans réalisation jusqu’à ce jour...

Questions et inquiétudes sur le contenu et l’impact du projet :

1) Logements =

Parti de vingt puis vingt-cinq logements en 1994, le nouveau projet a varié au cours des dernières années :
- 2003 = Sept maisons de village sur deux ou trois niveaux qui, dans le projet retenu de la S.A. « Un toit pour tous », deviennent douze villas.
- 2004 = Douze logements.
- 2006 = Vingt-et-un appartements de 34 à 74 m2, puis en juillet vingt-trois logements dits « sociaux ».
Une salle annexe pour l’Église qui ne figurait pas dans le précédent projet va compenser pour la paroisse la destruction du presbytère actuel.

Au fur et à mesure que le temps passe, le projet est donc passé de sept puis douze à vingt-et-un puis vingt-trois appartements, plus une salle paroissiale !

2) Garages =

Parti de trente-sept garages en 1994, le nouveau projet a lui aussi varié au cours des dernières années :
- 2003 = Dix-sept garages destinés à être loués.
- 2004 = Huit garages privés, neuf publics.
- 2006 = Vingt-et-un parkings privés en sous-sol, puis dix-huit garages ou places privatives en juillet.

Le nombre de garages évolue avec le nombre d’appartements et indiquent qu’entre vingt et quarante véhicules de plus vont circuler chaque jour dans cette zone et ses abords !

3) Places et rues =

Parti de trente-cinq places de stationnement public en 1994, le nouveau projet a lui aussi varié au cours des dernières années :
- 2003 = Aménagements et parc de stationnement de trente-deux places à destination publique dans le projet retenu de la S.A. « Un Toit pour tous ».
- 2004 = Trente-deux places de stationnement.
- 2006 = Vingt-deux places de stationnement de proximité : Huit parkings couverts partiellement enterrés, onze non couverts, trois emplacements de courte durée.
Sans compter le parking du Séquier à remanier pour accueillir plus de trente véhicules « chassés » de la place de l’Église, deux placettes ombragées, trois rues de sens nord-sud réaménagées (dont la rue droite est piétonne en escaliers) et deux rues à créer dans le sens est-ouest reliant les rues Pied-Cocu et Puits (parallèle à celle de la Caradone), terrasse avec belvédère sur un des toits avec table d’orientation et salon urbain, fontaine à deux bassins.

Le nombre de places de stationnement diminue au fur et à mesure que le nombre de logements, garages, placettes, rues augmentent !

4) Coûts HT : Études préalables, confiées au CAUE =

- 2003 = 866 000 € pour études et travaux de construction compris (721 660 € de la S.A. « Un toit pour tous », toujours là malgré le temps qui passe...).
- 2005 = Plus 21 517,37 : Assistances à l’opération, à la gestion, au règlement du marché, au suivi et coordination de l’opération par la DDE 13.
- 2006 = Plus étude complémentaire pour 11 071,75 € avec entreprise BRACE-Ingénierie (voir partie 6).
Pour diminuer au maximum le coût global des travaux, utilisation tous azimuts des subventions pour travaux de proximité du Conseil général. Mais le coût total prévisionnel en juillet est de 1 312 861 € TTC dont 433 000 € financés par le Conseil Général, 34 398 € par l’Etat, 75 844 € par la Région et, sous réserve de quelques surprises, 769 620 € à la charge de la Commune !

5) Protection « oubliée » des quatre monuments historiques =

En février 2004, un dossier technique, accompagné de la délibération du conseil municipal du 12 novembre 2003, est transmis à la préfecture pour solliciter une nouvelle déclaration d’utilité publique préalable au projet de réhabilitation du Centre ancien, comme la loi l’y oblige.
Or, après examen du dossier, il ressort que l’opération ne différant pas fondamentalement par son objet et son périmètre de celle déclarée d’utilité publique en 1991, une nouvelle déclaration d’utilité publique n’est pas nécessaire...
Il est vrai que la DUP est utile lorsqu’il est nécessaire d’exproprier des terrains privés et il semble que la Commune soit alors propriétaire de la surface, achetée et expropriée quelques années auparavant. Mais la durée de validité de l’arrêté prononçant une déclaration d’utilité publique est de cinq ans, et le précédent date de 1991 !
De 1991 à 2004, il s’est passé 12 ans et l’opération, a été modifiée quelque peu dans son objet et son périmètre. Mais, si les Bâtiments de France semblent avoir du souci sur l’homogénéité du tissu urbain (voir plus bas), une nouvelle DUP aurait permis une étude d’impact du projet sur l’environnement ! Et, là, il pouvait y avoir problème, car entre-temps, et après des débats houleux qui ont duré de longs mois, c’est la loi que le Parlement et le législateur ont changé.
Et pas n’importe laquelle ! Pas de celles qui ne verront jamais un décret ou qui seront jetées aux oubliettes gouvernementales, mais une qui, par ordonnance n° 2004-178 renforce en 2004 toutes celles antérieures dans la partie législative du CODE DU PATRIMOINE, et entre aussitôt en application.
Que dit cette disposition ? : « Qu’il n’est pas possible de construire tout immeuble nu ou bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé dans un périmètre n’excédant pas 500 mètres »
Et attention, nous n’avons pas un, ni deux, ni trois, mais quatre monuments historiques situés à rien pour l’Église, puisqu’on va démolir et construire sur ses murs, à 30 mètres pour la Maison des Chevaliers, à guère plus pour le château d’Andigné et la Tour, tous ayant une vue directe sur les immeubles prévus !


Évidemment, si l’ordonnance malencontreuse a été signée par Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin le 20 février 2004, par un hasard qui fait bien les choses, c’est aussi ce même mois que le dossier est étudié par une sous-préfète ayant bien autres choses à faire que de penser aux récentes lois. Une chance, car la procédure a évité au projet d’être revisité sous le coup de la disposition nouvelle, de subir les longs délais avant que le Conseil d’État ne se prononce, de fournir surtout l’étude d’impact visant à empêcher tout projet de porter atteinte à l’environnement dans lequel l’ouvrage va s’insérer. Il a ainsi ignoré la présence des monuments historiques, tout comme la protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, transformée en anecdote à usage variable !
Et personne ne semble avoir rien vu ni entendu : La commission d’élus, le CAUE, la DDE, la S.A. « Un toit pour tous », les Bâtiments de France, les Monuments Historiques, le Préfet...

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6) Questions sans réponses =

- La surface prévue des appartements est de 34 à 74 m2 ! Elle ne permettra pas de loger des familles. Pourquoi parler de logements sociaux, surtout avec des loyers mensuels de 190 € pour 34 m2 (un célibataire à l’étroit) et 490 € pour 74 m2 (un couple sans enfants) ?

- Pourquoi le chauffage des logements est prévu tout électrique à l’heure où l’on évoque les énergies renouvelables partout ?

- Les matériaux historiques ou archéologiques enfouis sous les ruines actuelles et les constructions à venir, pour lesquels de simples sondages ont été réalisés en 1994, sont-ils, sans fouilles conséquentes, définitivement perdus ?

- La possibilité de « mouvements de sol » (il y a eu encore plus de deux mille « petits séismes » depuis juin 2006 sous ou autour de la Montagnette !), ou de vibrations dues aux engins au cours des importants travaux de constructions, ou du passage des véhicules des nouveaux résidents qui circuleront plus nombreux ensuite dans cette zone, n’auront-ils pas des effets collatéraux dommageables sur les immeubles voisins et surtout sur les monuments historiques ?

- Le Centre ancien représente un ensemble architectural varié du fait d’un bâti successif sur une longue période.
Les façades les plus proches du secteur ont des typologies différentes : Médiévale (Église, Maison Chevaliers), renaissance (maisons des rues Droite, Caradone, Séquier), classique (Caradone), contemporaine (Pujade). Elles ont des arcades renaissance en pierre à la Maison des Chevaliers, un style roman à l’Église du XII°, des pierres de taille grises ou jaunes pour les immeubles environnants, sont avec ou sans enduit, avec ou sans peinture, avec ou sans baies, avec des menuiseries ou ferronneries multiples, avec ou sans balcons, vérandas, verrières et ouvrages divers. Sans parler de la variété des toits, tuiles, cheminées, gouttières, et récemment les accessoires imposés par la modernité : antennes...
C’est un véritable casse-tête de vouloir respecter le patrimoine local et de privilégier une époque plutôt qu’une autre, tout en assurant la continuité des façades et une intégration harmonieuse à tant de styles différents.
D’où la question : Le respect du patrimoine va-t-il être aussi généreux que le respect des monuments historiques ?

Projet non prévu au programme !

En mars 2001, le programme de la municipalité Ichartel prévoit une « création de parking répondant à la demande des usagers et s’intégrant harmonieusement dans l’espace urbain : Cours, centre ancien, caserne des Pompiers... ». Aucun logement, ni garage !
Au cours de la campagne électorale, les explications fournies par la tête de liste, aujourd’hui maire, se limitent à une opération favorisant le tourisme et ainsi détaillée : « Développer un parking paysager pour dégager la place de l’Eglise, cacher cette masse métallique par des plantations, terrassements, murets en pierre... »
Puis, comme en 1994, un projet de lotissement jaillit en cours de route et pose question à nouveau : Peut-on réaliser un si important projet sans débat public et passer en force ou attendre les prochaines élections qui trancheront ? Choix délicat et en attendant tout laisse supposer que le parking paysager n’était qu’un prétexte.

Remise des clés début 2008.

L’architecte des Bâtiments de France a émis en avril 2006 un avis défavorable à la poursuite du projet, aux motifs que les logements construits en périphérie de l’espace central nuisent à la continuité des rues et à l’homogénéité du tissu urbain !
Le Conseil municipal du 3 mai 2006 a donc été obligé de décider une étude d’insertion urbaine complémentaire confiée à l’entreprise BRACE-Ingénierie, et sensée améliorer encore le projet.
Mais chacun a bien compris que ce n’est qu’une galéjade car cela n’a pas empêché la municipalité de présenter le 19 mai à la salle des fêtes, devant une vingtaine de personnes (élus et administratifs DDE, S.A., etc., non compris), le projet de lotissement dans le Centre ancien, avec annonce de la remise des clés aux locataires au début 2008 !
En juillet 2006, la prévision d’attribution des logements est reportée à octobre 2008 !


Les travaux sur le centre ancien commencent.

Début janvier 2007 : Le déblaiement des ruines du quartier des Gueux au centre ancien a commencé. Chocs, vibrations, trépidations, bruits... vont constituer le quotidien des riverains pendant des mois. Outre la disparition d’éventuels matériaux et vestiges historiques, les propriétaires des immeubles environnants et des bâtiments du patrimoine barbentanais se font beaucoup de soucis pour les effets des travaux sur les constructions.

Au 20 janvier, le premier nettoyage du quartier des Gueux est terminé.

L’aplanissement de ce lieu en forte pente a laissé d’importants gravats comblant les trous (photos) d’une place qu’il faudra protéger pour les prochains orages !

Les vestiges trouvés consistent en espaces et caves creusés dans le rocher, en pièces voûtées démolies, en obus marinier non éclaté de la dernière guerre qui aurait pu occasionner de grosses frayeurs si un engin l’avait actionné.

Les travaux ont évidemment produit quelques dommages sur des immeubles voisins. Gros soucis en particulier pour l’église du XII° qui, déjà réparée de nombreuses fois par le passé pour des dommages de vieillesse, pourrait ne pas supporter les excès commis alentour. Si, comme la loi l’obligeait, l’étude d’impact avant utilité publique avait eu lieu, elle aurait sans doute refusée ces constructions.

Les experts des assurances sont sollicités pour chiffrer les premiers dégâts occasionnés.

Le centre ancien est trop chargé et trop pentu aux dires des entreprises en chantier :
- En mars 2007, le centre ancien est trop chargé et son coût vient de grossir de 15 860 € car 260 m3 de déblais rocheux imprévus sont à enlever par la Sté DSD Démolition.
- Et en plus, il est trop pentu ! La société « Un Toit pour Tous », entreprise qui étudie cette affaire depuis 15 ans, et qui a remporté le concours architectural avec le meilleur devis, va réaliser les logements dits SOCIAUX du centre ancien. Or, après l’étude de faisabilité du CAUE, après le programme retenu et proposé par la commission municipale, après l’assistance opérationnelle fournie par le bureau d’études de la DDE 13, après une autre étude d’insertion urbaine complémentaire par le maître d’œuvre BRACE Ingénierie, et celles des nombreux architectes, cette société découvre soudainement que le lieu est un peu trop pentu…, et demande l’exonération de la taxe locale d’équipement pour réduire ses coûts… Accordée, évidemment par le conseil municipal !


9 mars 2008 : La réélection du maire sortant confirme qu’une majorité de barbentanais soutient maintenant le projet du centre ancien, annoncé comme logements sociaux d’une à deux pièces.
L’abbé Pierre aurait sans doute trouvé à redire…
Les travaux de déblaiement du lieu ont commencé dès le 10 mars.

avril 2008 : On bricole, trois petits tours et puis s’en vont !
Après une petite reprise annoncée lourdement la veille des élections, quelques tonnes de gravats ont été enlevées du centre ancien en mars, puis… Rien. Esbroufe, avancée limitée, test anodin, problème récurrent, tout est possible dans ce dossier qui dure depuis fort longtemps et qui devrait durer encore.

juin 2008 : Les travaux d’aménagement commencent sérieusement avec les entreprises suivantes :
Lots 1 – 2 – 3 = Démolitions – terrassements complémentaires - Murs de soutènement - garages - escaliers emmarchements - Chaussées - assainissement - réseaux divers : Entreprise SCV (Sociétés des Carrières Vauclusiennes) de Saint-Saturnin-les-Avignon pour 1 168 049,12 € et, au vu du retard de trois ans dans le projet, une petite rallonge de 365 637 € pour deux des lots soit 54 % d’augmentation !!!
Lot 4 - Electricité - éclairage : Entreprise SCY du Pontet pour 37 563,50 € car suite à la faillite de la précédente entreprise, une petite rallonge de 11 975,08 € soit 47 % d’augmentation.
Lot 5 - plantation : Entreprise MANIEBAT de Bouillargues pour 12 416 €.

novembre 2008 : Au cours des travaux, une excavation remplie par la pluie déborde vers l’église en contrebas. Les pompiers sont appelés d’urgence pour venir pomper et éviter les dégradations d’un monument historique en première ligne de travaux menaçants.

décembre 2008 : La noria de camions à béton passant par la porte Calendrale vers le chantier inquiète fortement les voisins et donne du souci pour l’avenir des monuments historiques.
Les travaux ont permis de relever que quelques riverains avaient empiété sur l’espace communal pour leurs constructions privées. Ils ont donc été appelés à régulariser la situation.
D’autres riverains s’aperçoivent un peu tard que la proximité des nouveaux immeubles va modifier totalement leur vision environnementale et rendre plus difficile l’approche et l’accès à leur maison. On leur avait pourtant promis que tout était prévu pour éviter ces horribles choses…
Lundi 15 : Après les fortes pluies de la veille, l’église a été inondée à nouveau avec 10 cm d’eau dans l’allée Sud à cause du chantier voisin du centre ancien. Cette fois, les pompiers ont pompé directement à l’intérieur de l’édifice pour évacuer un écoulement que l’entreprise, le maître d’oeuvre et la mairie, malgré l’alerte précédente, n’ont pas prévenu, sans doute par manque de temps pour désigner un nouveau cabinet d’études ! Les cérémonies de Noël seront donc humides et froides cette année car, en plus des erreurs hydrauliques du chantier, le chauffage ne fonctionne plus…


janvier 2009 : Les futurs locataires n’auront pas tous une vue superbe sur l’horizon. Panoramique :

Vue imprenable sur la ligne TGV du Gard-Vaucluse…


Et les tourelles du château à 30 mètres ?
En effet, il faudrait signaler au Préfet que ce patrimoine historique est très mal placé…

Vue impossible sur le massif d’Aramon …


Et cela à cause de l’église Sainte-Marie à 2 mètres et de la Maison des Chevaliers à 30 mètres ?
En effet, il faudrait signaler à l’Architecte des Bâtiments de France que les cloches sonnent trop forts…

Vue impayable sur la colline…


Et cette haute Tour Anglica à 50 mètres ?
En effet, il faudrait signaler aux Monuments Historiques qu’elle peut être une gêne…

Vue moderne sur le vieux mur rénové…

Avant…

Après…
Et une deuxième couche est-elle prévue ?
En effet, il faudrait signaler aux concepteurs que l’ancienne pâtine avait une histoire…

Vue proche sous un voisinage imposant…


Et si ce mur sombre n’était pas si solide ?
En effet, il faudrait signaler à la mairie cette couleur inadaptée et cette hauteur menaçante…

Commentaires autour du chantier : Cette construction ne respecte aucun des bâtiments historiques voisins, le nouvel ensemble architectural ressemble à un emplâtre posé au milieu du patrimoine barbentanais, un simple aménagement paysager aurait suffi comme ci-dessous par exemple…

En pierre de Barbentane, évidemment…

février 2009 : L’Église est « baptisée » pour la troisième fois :

Et le centre ancien devient un modèle du genre…

La Grande Rue a vu se déverser une « toupie » de ciment frais déversé accidentellement par un camion du chantier, et les pompiers encore appelés pour un nettoyage et la remise en état. Un nouveau dispositif est alors mis en place par le Séquier, tardivement…
Une coulée d’eau venant du chantier voisin du centre ancien a inondé l’église pour la troisième fois ! Depuis trois mois et trois inondations, ni la mairie, ni l’entreprise n’ont su prévoir et éviter que le nouvel ouvrage chargé de l’écoulement du quartier des Gueux, inonde l’édifice médiéval. Et cela en dit long sur la qualité environnementale du projet, sur le respect du patrimoine, sur la façon dont la sécurité des biens communaux est assurée dans ce village où la protection de la tirette semble intéresser davantage les élus…
Conséquence de l’humidité, la rénovation du chauffage de l’église a été retardée pour cause d’inondation municipale. On s’en remet au seul mistral pour sécher les fonts baptismaux… Tout baigne dit-on au presbytère !
Les voisins du chantier n’en sont pas revenus de voir arriver, à sept heures du matin, les responsables des travaux leur demandant de s’éloigner du quartier avec les enfants pour la journée, au motif inquiétant que leur maison pourrait ne pas supporter les trépidations des machines ! De quoi s’interroger sur le sérieux des aménageurs du centre ancien et sur les séquelles pour les immeubles voisins… Il ne suffit plus de remercier les riverains pour leur compréhension, ni de qualifier le projet de nécessaire, encore moins d’accuser les opposants de diffamateurs, mais de reconnaître l’impréparation et la mauvaise conduite du projet municipal dont les conséquences sont peut-être à venir.
« Protéger le patrimoine » n’apparaît plus que comme un slogan décoratif !
Et cela promet pour les autres réalisations…

Octobre 2009 : La “cagade” moderne.
La fin du chantier approche. Quelques erreurs de hauteur d’une des dernières fondations ont obligé l’entreprise à la détruire puis refaire l’assise. Un appartement a vu ses fenêtres bouchées car elles donnaient une vue trop plongeante sur la chambre du voisin.
Mais, alors que le centre ancien devait constituer l’attraction urbanistique, sociale et touristique du village, il est actuellement l’objet d’un concours de définitions originales illustrant l’effet produit sur la population : «  couillonnade urbaine, catastrophe villageoise, saccage du centre ancien, bétonnage inconscient, architecture d’abrutis, construction aberrante, quartier gâché, verrue du quartier des Gueux, tumeur de l’enflure, MI…NA…BLE, pauvre église, cagade du maire, la Sociale…  ».
Et la petite touche de crépi jaune ou rose sur les premiers logements n’a rien arrangé en donnant à l’ouvrage un cachet irrésistible en parfait accord avec son environnement moyenâgeux ! Au point de se demander si l’architecte des bâtiments de France et les élus municipaux n’ont pas pris un gros coup de soleil sur la tête avant d’autoriser cela…
Pourtant, c’est bien le candidat Ichartel 2008 qui n’hésitait pas à prononcer des phrases audacieuses dont cette allusion à un patrimoine à respecter : « Beaucoup d’habitants apprécient la dualité de ce village qui allie beauté architecturale et environnementale avec modernité » .
C’était bien sûr avant les travaux de modernité et les mêmes qui espéraient peut-être un ouvrage harmonieux prometteur, annoncé comme « une réalisation municipale modèle », savent à présent ce qu’il en est d’un projet ichartelien que les siècles vont avoir hélas à contempler.

Mars 2010 au quartier "dégueu"
Les travaux au quartier des Gueux, que des mauvaises langues appellent aussi le quartier "dégueu", se poursuivent.
On cache à présent l’ancien derrière un moderne coloré en espérant que les touristes ne trouveront rien à redire, et on enferme aussi définitivement les voisins dans leurs maisons en espérant qu’ils supporteront sans réactions cette suppression définitive du paysage médiéval…

Mais, en guise de compensation, on leur élève une terrasse panoramique qui leur permettra d’admirer à proximité, les tours d’Andigné et le clocher moyennâgeux qui ont été conservés pour eux…

Poissons d’avril à la "Ich"

Des poissons d’avril au centre ancien moderne surtout pour les heureux contribuables qui raffolent beaucoup du style "Ich" :
- D’abord la salle dite d’exposition et la salle paroissiale, qui seront accolées à l’église et en communication avec la sacristie, annoncées avant les élections comme une réalisation gratuite offerte par le constructeur, étaient finalement un poisson d’avril.
Après les élections, la facture est de 90 000 € pour la commune, plus 2 300 € pour la porte vers la sacristie et sans compter les frais d’équipements nécessaires pour les réseaux d’eau, d’assainissement, du pluvial, d’électricité, etc, dispersés dans d’autres budgets pour en réduire le coût apparent…
En effet, on a oublié de préciser que, finalement, c’est la statue d’art seulement qui est offerte. Et encore il faut sortir 26 000 € sans doute pour son piédestal et l’inscription historique à y faire graver… Eh oui, comme pour tous les monuments grandioses, les auteurs veulent y laisser un souvenir magnifiant leurs oeuvres !
- Enfin, le caractère social du lotissement "Un Toit Pour Tous", annoncé sans vergogne par la propagande municipale, est refusé par le préfet qui n’a jamais cru à cette qualification hasardeuse et prématurée… L’amende SRU de 43 000 € par an pour insuffisance de logements sociaux (3,5% au lieu de 20%) est donc à nouveau à payer…
Ces tartarinades locales sont habituelles sous "Ich", mais coûteuses à 161 300 € le poisson d’avril…

En plus maintenant, un choix très difficile est posé pour trouver le thème de ce que la statue va représenter :
- Soit celle d’un maire habillé en Saint Martin coupant son manteau en deux d’un geste magnanime pour l’offrir aux pauvres de la commune… Mais le Préfet vient de casser la belle image sociale dont on voulait décorer la "cagade" !
- Soit celle d’un tribun municipal brandissant dans une main de son bras droit levé, les promesses gratuites de sa campagne électorale… Mais cela risque d’être mal interprété !
Finalement, il vaudrait mieux une statue classique dans le style si cher aux élus, que les touristes pourront photographier dans son environnement contemporain moyenâgeux, avant d’aller admirer par dessus les appartements et toits modernes, les campaniles ecclésiaux, les tourelles marquisardes et les massifs naturels gardois ou vauclusiens… Ceci grâce à une terrasse panoramique, qui sera le nouveau référentiel barbentanais dans les guides de voyage, haut lieu patrimonial de la culture version "Ich".

Autre casse-tête, il faut définir l’inscription du frontispice et le choix est à nouveau délicat. Faut-il privilégier l’aspect économique de l’oeuvre et écrire : "Aux contribuables compatissants, la mairie reconnaissante", ou se limiter à l’aspect respect de l’environnement avec : "Au patrimoine moyenâgeux disparu, la mairie et l’architecte des Bâtiments de France reconnaissants" ?.
Toutes propositions sont bienvenues pour éclairer la CMDP (Commission Municipale de Détérioration du Patrimoine) qu’il va falloir créer un jour. Il faut aussi envisager d’adapter l’oeuvre à son environnement en modifiant le nom de la Grande Rue en "Grande Rue de la Cagade"…

Les futurs locataires qui étaient invités récemment à venir découvrir leur appartement d’une à deux pièces, n’ont pas pu admirer l’oeuvre d’art, et auront peut-être quelques soucis lorsque les "Tours opérators" amèneront les nombreux touristes au panoramique voisin devant leurs fenêtres, portes et terrasses… Mais, c’est le prix à payer pour habiter un centre ancien modernisé !

Ouverture des locations

En ce début juillet, on remet les premières clés aux locataires alors qu’il n’y a pas d’eau ni d’électricité, que le parking est loin de tout, l’ombre de la fameuse statue absente, la pente très raide, les travaux non terminés et que les entreprises travaillent même le samedi, vite et bien, évidemment.
Ayant cru à la promesse d’ouverture au premier juillet, les premiers résidents de ce centre historique ont donné le préavis à cette date pour leur ancien logement et doivent déménager en urgence…
On leur souhaite le meilleur séjour possible au milieu de ce chantier estival qui risque de durer encore quelques mois.
Ils vont pouvoir enfin bénéficier d’une ou deux pièces avec vue imprenable sur le patrimoine historique voisin grâce aux efforts méritoires du CAUE, de l’Architecte des Bâtiments de France et d’une municipalité oublieuse de son passé.
Habiter Barbentane est une occasion qui ne se refuse pas lorsqu’on a de petits moyens et surtout une famille réduite, même si le rapport quantité/prix risque de souffrir d’une comparaison décevante, car le choix municipal n’a rien de l’anecdote, il est délibéré avec comme possibilités offertes ici à une famille :
- Un logement municipal de dix pièces avec cour et garage dans un immeuble du centre ville pour une location à 85 € la pièce.
- Une villa de 7 pièces en campagne avec cour et jardin pour une location à 143 € la pièce.
- Un appartement municipal de 2 pièces sans cour ni garage au centre ancien pour une location à 200 € la pièce.
Le logement dit « social » barbentanais est toujours du meilleur niveau.
Plus c’est petit, moins c’est cher ! C’est justement pour cela que le quartier des Gueux a été reconstitué à l’identique, c’est-à-dire petit logement pour petite famille à petit prix, comme ancien temps…
L’Abbé Pierre aurait adoré !

Inauguration du centre ancien le 16 octobre

C’est d’abord sur la place de l’église puis sur la terrasse de la nouvelle salle culturelle que les autorités ont été rassemblées pour inaugurer l’aménagement de la place et les logements du centre ancien.

Réalisation presque définitivement terminée après 10 ans de préparation, et le maire peut être satisfait d’avoir mené à son terme la suppression d’une ruine gênante, amélioré la place de l’église en supprimant le stationnement des voitures et construit des petits appartements dont il faut espérer que les locataires auront satisfaction.
Mais, outre les problèmes éventuels de qualité des matériaux et travaux, quatre difficultés restent entières pour l’avenir :
- Ruissellements : Le dernier épisode pluvieux a révélé l’impossibilité de retenir les eaux du centre ancien en cas d’orage violent dans un réservoir insuffisant. Pentes et escaliers n’offrent aucun frein au flux hydraulique, au contraire. Les anciennes protections existantes au pied des bâtiments ou des rues du centre-ville n’ont pas été réalisées pour rien et auraient mérité d’être aussi copiées. Les effets et dégâts sur les logements, sur les voies inférieures et surtout sur les habitations ou commerces du Cours vont donc se reproduire…
- Pentes et escaliers : Ce quartier à très forte déclivité est d’un accès difficile pour les personnes âgées, les handicapés et surtout ceux utilisant un fauteuil roulant. Certaines ouvertures donnent une longue perspective sur des rues descendantes en cascade, offrant à des objets ou matériels mal maîtrisés un parcours pentu où leur vitesse peut présenter de réels dangers…
- Mélange des genres : Obliger les locataires à vivre dans un lieu où salles culturelles, cultuelles, statue et belvédère recevront jours et nuits participants, visiteurs ou touristes, à côté, au-dessus ou au-dessous de leurs appartements est une bizarre conception de la tranquillité, de la sécurité publique et du tourisme…
- Patrimoine endommagé : Dans son éditorial du dernier bulletin municipal, M. le maire dit très bien : « L’urbanisme donne une âme aux villages ». Une belle phrase servant de décor à une réalité contrastée. Car, pour résoudre l’impossible, on a pas hésité à oublier l’existant, à jouer sur les similitudes approximatives, à citer l’enthousiasme bienvenu du CAUE, à parler de respect du patrimoine pour persuader la population que, grâce à un maire chargé de sa protection, on lui assuré une renaissance…

Résultats en vrac

(photos évitant de montrer les appartements pour ne pas gêner les locataires) :

L’approche du centre ancien est prometteuse,

mais déjà la rue du Puits affiche une curieuse couleur

Un garage a reçu les pierres trouvées sur place,
mais il en a manqué pour les logements

Le Mur historique de Rostaing a subi une vulgaire crépitude,

mais il ne faut regarder que l’escalier sous lui en pierres récupérées

Totale harmonie rue du Puits entre un bâtiment ancien

qui doit maintenant faire face à la modernité rose

Ou à une autre modernité aux couleurs variées dans diverses rues

La Porte du quartier des Gueux

a été modernisée elle aussi

Les façades noirâtres d’un autre âge ont simplement

étaient cachées derrière une blanche modernité

Le clocher a même droit à plusieurs harmoniques
colorées au gré de la luminosité du jour

La montée vers le belvédère et la tour permet d’admirer
un urbanisme ichartelien parfaitement cohérent

Les touristes en seront sans aucun doute émerveillés,
surtout quand un peu de verdure viendra cacher le tout !

Résumons quelques aspects oubliés dans la propagande municipale mais visibles sur place :
* Décors urbains originaux : bétons gris, escaliers jaunes, logements aux crépis variés et camouflage du passé !
* Nouveaux styles d’architectures modernes à couleurs détonnantes dans un centre ancien !
* Non respect historique des monuments moyenâgeux classés ou des bâtiments voisins !
* Hauteurs excessives des constructions !
* Non continuité des façades alors que la mairie réalise depuis des années une opération PACT-ARIM pour aider à aménager celles du centre-ville au nom du respect de l’architecture locale !

Qu’a-t-on fait de la belle pierre de Barbentane si souvent évoquée dans l’histoire de nos carriers, de nos rues, de nos maisons et de notre village ?

Ces nouveaux styles à bas prix sont à comparer avec ceux qui donnent une âme et une harmonie à des villages comme Castillon-du-Gard par exemple, où la pierre de Vers couvrent rues, monuments et façades de toutes habitations, ou comme Locronan en Bretagne, où la pierre de granit respecte totalement l’histoire et le bâti ancien. Et, ne parlons pas de Gordes ou, plus près encore, des Baux-de-Provence…
Le Centre ancien représentait un ensemble architectural varié du fait d’un bâti successif sur une longue période. Vouloir respecter ce patrimoine local obligeait donc à choisir style et période existantes ou proches, mais en pierres du lieu !
Au lieu de cela, on l’a définitivement défiguré ainsi que le village historique, et à défaut d’âme, on lui donne une statue…
Les barbentanais sont priés d’aimer…

Vaut le détour

Pour ceux qui auraient raté le compte-rendu de « La Provence » sur le centre ancien le jour de l’inauguration en octobre, un petit rappel des illustres citations qui méritent, sans rire, le détour :
« Refaire du centre ancien le coeur du village ! »… Difficile de l’imaginer à la périphérie !
« Un ensemble résidentiel qui parvient à allier le caractère traditionnel provençal à la modernité de bâtiment, indispensable de nos jours »… La méthode Coué pour les nuls !
« Apporter ce logement social qui manque tant à la commune »… Même le Préfet n’y a pas cru !
« Création de places de stationnement pour résidants et visiteurs »… Places payantes pour les autres !
« Lieu de rencontres et d’échanges grâce aux salles communales paroissiale et espace culturel, aux placettes, aux jardins et aux fontaines »… La jeunesse chassée du Cours y aura accès !
« Parmi les volontés de la mairie, celle de garder les escaliers raides et typiques »… Personnes âgées et handicapés atypiques sont enchantés !
« Logements complètement intégrés au village »… À l’Isle de la Mourre, ce serait moins intégré !
« Le résultat est stupéfiant »… On peut même dire effarant !
Et les politiques présents en ont rajouté une louche chacun, lourdement :
Reynès : « C’est un véritable fleuron qui va rejaillir sur tout le territoire nord-Alpilles »…
Helle : « Des travaux exemplaires à plus d’un titre »…
Guérini : « Un résultat magnifique afin de loger les enfants au village pour qu’ils ne partent pas »…
Ichartel : « Un immense champ de ruines, un amas de gravats, de détritus et de végétation sauvage qualifié d’îlot insalubre nuisant à l’image de marque de la commune, par un de mes prédécesseurs »…
Si certains n’ont pas encore compris, c’est qu’ils sont vraiment attardés ou simplement contre le progrès.

Le juste prix mérité !

C’est avec émotion que le maire a reçu le Prix Art urbain avec la mention qualité architecturale pour la réalisation du centre ancien. La description du projet, et surtout ses qualités annoncées sont à souligner pour mieux apprécier le sérieux de la récompense :
- « C’est un projet de reconstruction respectueux de son environnement historique… ». Si la statue avait été évoquée, il avait le prix avec une mention de qualité artistique en plus !
- « Le projet urbain associe une programmation de logement social et une gestion du stationnement résidentiel… ». Le préfet a refusé le caractère social du projet mais le maire a eu son prix ! Stationnement (voir plus bas) Trois conditions étaient posées pour obtenir le prix :
- Qualité architecturale ! Il fallait un culot somptueux pour obtenir la mention et promettre :
* « Un nouveau quartier constitué de maisons de village et d’équipements afin d’offrir une nouvelle image du Haut village en accord avec les monuments historiques (tour du XIIe, château du XVIIe, église et maison de chevaliers)… ». Les maisons de village promises ressemblent bizarrement à de simples appartements urbains, quant à l’accord avec les monuments historiques, il a suffi de l’annoncer sans preuves pour être primé !
* « La création de terrasses… ». Les pentes sont évidemment terrassées, mais il y a un seul logement privilégié avec terrasse !
- Qualité de vie sociale : Les nouveaux gueux sourient !
* « Programme avec diversité de fonctions : résidentielle, sociale, culturelle et touristique, pour une appropriation de ce site par tous… ». Joyeuse perspective pour 24 familles logées sur 2 000 m2, rues, escaliers et places comprises, avec obligation de voisinage amical et respectueux entre promeneurs, touristes et riverains !
* « Construction d’équipements publics (salle paroissiale, espace associatif et culturel pour expositions, conférences, rencontres littéraires et cours de dessin)… ». En même temps il est prévu un centre associatif sur le Cours, en plus de la salle des fêtes à St-Joseph et de nombreux autres lieux dispersés à gérer !
* « En concertation avec les riverains… ». Certains propriétaires ont vendu en urgence, les autres se sentent surtout cons…cernés !
- Respect de l’environnement : Là, BQE dégrade sa note !
* « Favoriser le cycle de l’eau en limitant l’imperméabilisation des sols… ». En bétonnant et goudronnant !
* « Limitation de la pénétration des véhicules sur le site en favorisant le stationnement en périphérie… ». On construit des parkings subventionnés par l’argent public pour y faire du social, puis on annonce aux locataires que le parking est payant, sinon ils vont gratuitement sur celui du Séquier, puis on loue les parkings inoccupés à des propriétaires extérieurs pas sociaux pour deux sous et on a malgré tout un prix urbain avec mention !
Il suffisait donc de quelques slogans bien tournés pour avoir un juste prix ! Pas de contrôle sur place, pas d’obligation de les respecter, mais possibilité de s’en servir comme propagande publicitaire dans la communication locale afin d’épater les naïfs… C’est en effet émouvant !

Circuit touristique !

Afin d’éclairer les touristes visitant le centre ancien, les autorités municipales, préfectorales, départementales et l’architecte en chef des bâtiments de France, ont offert, à l’occasion de la modernisation du dit centre, plusieurs éléments architecturaux remarquables à inscrire sur le circuit touristique :
- Transformateur EDF : Ce poste de transformation électrique à haute tension ouvre la visite au bas de la rue du Puits. Il fonctionne depuis 1987 pour alimenter le secteur en courant 220 volts. D’une puissance de 400 kva, il a été modifié en 2001 pour fonctionner à l’huile et réduire les pollutions environnementales. Comme sa plaque inaugurative le signale, il y a « Danger de mort » à vouloir aller y tripoter dedans. Il est donc recommandé de passer au large le plus vite possible.

- Étable et écurie du seigneur : C’est une ruine ou presque qui a survécu au début de la rue du Puits et qui jure un peu avec la modernité ichartelienne. Construit sur le chemin de sortie du château de Rostaing dont il dépend, ce bâtiment logeait les étables et écuries des animaux au rez-de-chaussée, les greniers à foin et réserves aux étages, plus le logement des serviteurs. Il a perdu sa fonction après la construction de la Maison des Chevaliers qui, pour des raisons de salubrité, a déplacé les animaux plus loin vers le secteur du Paty et du Planet. Il est là pour témoigner de l’harmonie architecturale parfaitement respectée par l’urbanisation voisine.

- Oeuvre culturelle en hommage aux farandoleurs : Ils sont cinq, trois demoiselles et deux garçons, à représenter une tradition locale figée dans le bronze et exposée aux visiteurs dans un cadre salamandreux. On se demande bien pourquoi la tenue satinée blanche ou colorée des farandoleurs est représentée par une toile métallisée, frippée, sombre ou vert-de-gris, qui tient plus du costume de maréchal-ferrand que des fameux danseurs barbentanais.

- Plaque mécénique :
Le coût de la sculpture est finalement de 22 100 € (11 500 € pour l’artiste et 10 600 € pour le fondeur).
La plaque commémorative a été si vite posée qu’elle contient quelques oublis regrettables de sponsors au grand coeur qu’il faut compléter ainsi :
➟ Sénat (nos impôts) 10 800 €,
➟ Véolia 5 000 €,
➟ Mariani 2 000 €,
➟ Sté Carrières Vauclusiennes 1 000 €,
➟ Sté JBC CLEMENT 500 €,
➟ 5/5 Réceptions 1 000 €,
➟ Menuiserie RINGOT 1 000 €,
➟ Crédit Agricole 10 000 €,
➟ Sud Travaux Peinture ! €,
➟ Ichartel maire 0 €,
➟ Élus municipaux 0 €,
➟ Un Toit Pour Tous 0 €.
Tout don bénéficie d’un crédit d’impôts de 60% c’est-à-dire que l’Etat les rembourse aux généreux donateurs avec nos impôts, ainsi, soi-disant grâce aux mécènes, le contribuable a payé 23 100 € (10 800 € par le Sénat et 12 300 € en crédit d’impôts aux entreprises) pour une facture de 22 100 € et donc 1 000 € de plus que son coût…
La commune a encaissé 31 300 € et a donc un bonus culturel de 9 200 € !

- Mur de Rostaing : Lors de la construction de la première tour et du premier château de Barbentane sur l’emplacement de la Tour actuelle par le seigneur Rostaing, archevêque d’Arles à qui le roi Bozon a donné vers 900 les terres de barbentane, un mur de ceinture clôture le domaine. Pas moins d’une dizaine de portes et portails aujourd’hui interdits le traversaient venant de l’intérieur du domaine seigneurial pour s’ouvrir sur le quartier des gueux.
Ce mur moyenâgeux a une histoire qui aurait mérité quelques attentions respectueuses de son passé. Au lieu de cela, on l’a pétassé, badigeonné de ciment par endroits, salopégé et traité comme un vulgaire gêneur tout en jurant le respect du patrimoine architectural. On préfère en haut lieu retenir l’existence farfelue d’un oppidum inexistant, sans doute pour que les guides touristiques aient des anecdotes comiques à raconter.

- Lézardes approfondies à l’église Sainte-Marie : On ne sait si ce sont les travaux du chantier de la place de la Salamandre qui ont lézardé la façade de l’église, ou ceux du chauffage de l’édifice, ou ceux du parking de la place de l’église, mais les murs moyenâgeux de ce monument historique semblent avoir mal supporté les trépidations subies pendant de longs mois. Quelques fentes de plus en plus visibles sur la partie Sud-Ouest sont inquiétantes et les touristes pourront constater la grande résistance ecclésiale aux assauts icharteliens, mais ne pas trop s’attarder sous ou sur le clocher.

Droit de réponse refusé par le maire
(voir la suite)



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