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5 - Attention à votre ligne

Surtout en cas de haute tension

Vous cherchez un coin tranquille, dans une zone pas inondable, loin des incendies ou sécheresses, pas pollué à l’ozone ou aux dioxines ou aux pesticides, vous avez bien raison même si ce lieu, très difficile à trouver, n’existe plus par ici.
Et il faut en plus penser à regarder aussi la distance qui vous sépare des lignes électriques à haute et moyenne tension !

La fée Électricité a parfois de drôles d’effets !
Les hirondelles posées sur les lignes électriques avant leur départ pour la grande migration automnale, sont des images bucoliques évoquant l’alliance entre la nature et le progrès. Mais avez-vous déjà vu des hirondelles se poser sur une ligne à 400 000 volts ?
L’arrivée en 1904 de l’électricité dans les foyers barbentanais a été une agréable nouvelle et constitue, aujourd’hui encore, une cause de l’amélioration de la vie familiale et sociale.
Il va peut-être falloir revoir les images et la nature des bénéfices de la présence de certaines lignes, dont personne n’imagine qu’elles peuvent avoir des effets sur la santé.

Elles sont arrivées un beau matin sans avertir !
Venant de Marcoule en passant par Tavel et arrivant d’Aramon, deux lignes du Réseau de Transport d’Electricité à haute tension de 400 000 volts (en rouge sur la carte) traversent notre village depuis quelques années déjà :

Lignes en rouge : Du Confluent à Rognonas, du Maliven à Graveson
Lignes en violet : Du mas de Chaîne à Avignon

- L’une au Nord, arrive au confluent du Rhône et de la Durance (haut de la photo), longe le contre canal et la Durance jusqu’au pont de Rognonas, puis continue vers Châteaurenard…

- L’autre plus au Sud arrive au quartier Maliven (bas de la photo) et rejoint en montagnette le Rocher de Magne et Cadeneau, puis traverse l’Étang et Valboussières vers Graveson…

La vie ne tient parfois qu’à un fil !
Or, une étude épidémiologique anglaise réalisée de 1997 à 2001, a été rendue publique en juin 2005. Elle porte sur 60 000 enfants britanniques et indique un risque cancérigène et leucémique sur les riverains et plus particulièrement les enfants, habitant :
- à moins de 200 mètres d’une ligne à haute tension, avec un risque de 69 % plus élevé que la moyenne,
- entre 200 et 600 mètres d’une ligne à haute tension, avec un risque de 23 % plus élevé que la moyenne.
Ce qui laisse supposer que jusqu’à un km de distance, les effets des ondes électriques de ces lignes peuvent avoir encore un impact dommageable sur les riverains !
Au point que les députés anglais demandent un moratoire sur les constructions proches de ces ouvrages…
On dit bien les Anglais.
En France, le directeur du C.I.R.C. (Centre international de recherche sur le cancer) disait déjà en 2000 : « il apparaît un doublement du risque de leucémie infantile, pour une exposition supérieure à la norme de 0,4 micro Tesla » !
Alors qu’une recommandation des instances internationales fixe la limite d’exposition conseillée à 0,2 micro Tesla, l’arrêté français a fixé en 2001 la limite d’exposition à 100 micros Tesla en France… On est toujours des champions !
On ne peut évidemment mettre en doute les instances qui pensent pour nous, et dont l’unique priorité est bien entendue la santé des enfants d’abord, à l’image d’un gouvernement récent qui, pour protéger la population, sans hésiter une seconde, a arrêté le nuage de Tchernobyl à la frontière, ou stopper la canicule dès l’hiver d’après ! On peut s’interroger et peut-être s’inquiéter…

Barbentane est en ligne directe
Car l’étude anglaise et l’exception française intéressent Barbentane où quelques habitations et activités sont situées dans les zones proches de ces lignes :
- En Montagnette : Depuis le Rhône, côté Aramon (SANOFI - EXPANSIA sont à ses pieds et la zone artisanale de Boulbon est à 500 m), la ligne passe le fleuve au Maliven, monte sur le massif (le futur collège est à 800 m), puis file de Béquier (Crèche, Terrain de Rampale et lotissements à moins de 1 km), aux Carrières (quartier très habité) vers Graveson.
- En plaine : De La Vernède, côté Aramon, l’autre ligne arrive au quartier des Resvaux, Pavillon et Sainteté vers Barban (sur sa route il y a le plan d’eau, la déchetterie, la piste Redland, le terrain Trial), puis de Réchaussier au Temple, où les agriculteurs et les habitants sont nombreux, et bientôt les utilisateurs de la LEO…
- Et ailleurs : Les récents lotissements de Rognonas ainsi que ceux du côté Avignon, où, à une distance de 500 m, se trouvent les zones de Courtine avec une urbanisation en cours, la zone TGV, l’Hôpital de la Durance qui va s’agrandir vers le Sud et se rapprocher de cette ligne (et de quelques autres spécifiques à Avignon) en même temps que du trafic LEO, et enfin l’entreprise Callet-Lafarge… Le principe de précaution en pleine action !

Pour n’oublier personne, signalons sous leurs parcours en Montagnette ou dans les eaux voisines de la Durance et du contre-canal, la tentative désespérée pour éviter l’effet micro-ondes, des poissons, animaux, oiseaux, insectes, et végétaux…, qui peuplent et vivent sur ce territoire dont une partie est classée en « zone à protéger » dans l’inventaire Natura 2000 !

L’araignée a toujours plusieurs toiles
Pour être complet sur la toile d’araignée électrique qui couvre Barbentane, il existe aussi une ligne à moyenne tension de 63 000 volts (ligne en violet sur la carte) dont on peut supposer qu’elle peut avoir environ six fois moins d’impact sur l’environnement.

Si ses effets semblent moins négatifs, certaines habitations peuvent en « bénéficier » à nouveau près de son trajet : Elle parcourt la Montagnette venant de Boulbon devant le mas de Chaîne, puis traverse l’Étang près de Ferrier et Roch, vers Pierre Dounéou, Carrières où elle croise sa copine de 400 000 volts. Elle descend ensuite sur Vou-Longue, Pendieu et Castelmouisson vers la Fissarde et Ste-Catherine, coupe la route d’Avignon près des Quatre-chemins pour s’en aller, par le Petit Roumette et Brassières où elle croise son autre copine de 400 000 volts, en Avignon pour gâter les papalinais.
Autour de celle à 63 000 volts, s’ajoutent enfin les lignes EDF à 20 000 volts qui quadrillent tout le village en aérien ou souterrain à côté de celles de 380 ou 220 volts desservant les habitations. En 2007, les réseaux électriques sur Barbentane représentent 91 km : 28 km en moyenne tension (Aérien = 16 km, souterrain 12 km), et 63 km en basse tension (Aérien = 45 km, souterrain 18 km) pour lesquels EDF verse 48 000 € par an au budget communal.
Mais, on peut raisonnablement penser qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter de leur présence, puisque leurs effets sur les habitants voisins n’ont jamais été étudiés ! Pas d’étude, pas d’effets… Logique, et s’il y en a, on les connaîtra plus tard, très tard, trop tard…

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles
Car ce risque-là est ignoré de nos responsables locaux. Le DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs publié en 2006) n’en parle pas du tout.
Ne figurant pas sur la liste des risques majeurs, les effets de ces lignes sont inconnus et aucune mesure de prévention ou de précaution n’a donc de raison d’exister.
La proche population concernée est aussi dans l’ignorance puisque les sirènes ne sonnent pas pour le signaler, le système d’alerte téléphonique n’est pas prévu pour cela et chacun habite, promène ou travaille dans ces zones sans savoir que sa santé est peut-être menacée !

RTE nous doit rien, mais son Code de Bonne Conduite l’engage…
Il serait peut-être temps que les instances municipales et les citoyens soient un peu plus éclairés sur la nature des risques réels, étudiés par ces sacrés anglais, parce que les précédentes études sur lesquelles reposent les recommandations européennes datent de 1999 et que tôt ou tard…
Par exemple :
- Les anciens transformateurs électriques (dont l’un a fonctionné à proximité de l’école du Deyme et à quelques mètres des classes de filles pendant des années) produisaient-ils des dioxines à chaque surtension ?
Quelles conséquences ont-elles eu sur la santé de nos villageoises ?
- Lorsqu’on voyage en TGV, c’est sous deux lignes à 25 000 volts sur la tête ! Eh oui, même tranquillement assis dans un wagon de 1ère ou 2ème classe en sirotant un rafraîchissement, le phénomène micro-ondes gratuit agit peut-être, à l’insu de notre plein gré, sur notre avenir grâce à la fée Électricité. Le progrès, quoi…
- Même les services de gendarmerie vont être équipés d’un taser ou pistolet électrique crachant 50 000 volts pour paralyser les récalcitrants, et ce ne serait pas le cas s’il y avait un danger ! La sécurité électrique version Spiderman est donc la preuve (!) qu’il n’y a pas d’effets micro-ondes sur la santé des forces de l’ordre portant ou utilisant de tels voltages, ni sur ceux qui recevront l’arc électrique !
- Et les forces telluriques, dans lesquelles nous baignons quotidiennement ! Évoquées par les hauts cabinets de propagande électrifique, elles démontrent l’existence des ondes terrestres naturelles dans lesquelles nous vivons sans nous en plaindre.
Lesquelles servent de comparaison pour légitimer évidemment la présence à nos côtés de ces colossaux pylônes électriques à haute tension, donc pas plus dangereux que l’attraction terrestre.
La comparaison est osée, mais depuis quelques temps, tout devient possible. Et si effets il y a, personne n’est à l’abri…
Il serait peut-être plus intelligent que, comme pour d’autres pollutions, on ne joue pas la montre, on n’organise pas l’oubli, on ne cache pas les doses derrière des normes, on ne malmène pas les statistiques, ou on ne préfère pas l’absence de la menace dans les inventaires et bilans.
Non pris en considération dans les mesures préventives, ce jeu du silence et de la désinformation permet sans doute de gagner du temps, tant il est vrai que les années passant, beaucoup de malades ne sont plus là pour se plaindre !

Constate-t-on une dégradation significative des conditions de vie et de travail chez les riverains et dans les exploitations exposées aux 21 000 km de lignes THT françaises ?
Une enquête 2008 du Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques (CRIIREM) auprès de 24 communes de Bretagne et Pays de Loire préoccupées des impacts des lignes à Très Haute Tension sur les riverains, animaux et nature, donne de curieux résultats.
Le pourcentage de problèmes vécus entre la population exposée et la population témoin est de :
• Difficultés de concentration : 28,7% contre 20,8%,
• Etat dépressif : 15,8% contre 7,9%,
• Irritabilité : 50,6% contre 34,9%,
• Maux de tête : 43,9% contre 31,1%,
• Nausées : 11,7% contre 6,7%,
• Perturbations auditives : 22,6% contre 14,5%,
• Perturbations visuelles : 24,7% contre 20,4%,
• Problèmes cutanés : 15,2% contre 9,4%,
• Sommeil perturbé : 51,5% contre 36,2%,
• Troubles digestifs : 26% contre 18,5%,
• Vertiges : 18,1% contre 10,3%,
Ces symptômes sont observés jusqu’à 300m de l’axe des lignes (limite de l’enquête). Dans les exploitations agricoles, les bovins ont 4 fois plus de nervosité et 3 fois plus d’hésitation, de comportement de fuite et 2 fois plus d’irrégularité de production laitière en zone exposée que dans la zone témoin non exposée.
Sacrées vaches, elles ont sans doute le syndrome de la bougie !

Quand vous ne dormez pas, regardez passer les génisses et observez les effets des lignes autour de vous, réduisez vos consommations électriques…, et demandez aux responsables leurs actions pour que l’éventuel effet micro-ondes cesse !

Vous avez tenu jusque là, il faut encore persévérer car le prochain article va mettre une ambiance électrique rayonnante…


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