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Paroles, paroles

« Les premières pierres du collège et de l’école qui devaient être posées à la rentrée 2007, puis 2008 ne l’ont pas été parce que le projet scolaire en Montagnette a été retardé par quelques trublions mal intentionnés qui sont allés contester par plaisir… ».

Voilà la thèse actuelle de la majorité municipale qui, lors du dernier bulletin municipal de janvier 2008, a mis sur la place publique les difficultés de ses projets et sa version de la cause de celles-ci.

Elle a ainsi ouvert prématurément la campagne municipale en visant les associations opposées au projet, mais surtout les élus minoritaires qui sont susceptibles de se présenter sur la liste adverse.
Un gros tir de barrage en début de bataille est un mauvais signe pour l’ambiance à venir.
Pourtant les deux sujets réels et importants évoqués méritaient mieux : L’école attendue depuis dix ans et la Montagnette à nouveau urbanisée.

C’est pourquoi nous revenons sur ce projet dans cette rubrique électorale, afin d’essayer de comprendre les divers développements et rebondissements que chacun interprète comme il peut.

Deux éléments sont apparus tout au long de ce dossier compliqué :
- Tous les barbentanais sans exception souhaitent que les écoles publiques soient en mesure d’offrir les meilleurs moyens matériels pour l’enseignement des enfants du village.
- Tous les barbentanais sans exception souhaitent conserver et protéger la Montagnette parce qu’il n’y en a qu’une et qu’elle est un lieu de loisirs, de jeux et de détente proche offert gratuitement à tous, petits et grands.

Les divergences se font entre ceux qui pensent qu’en urbanisant un peu chaque année, surtout si ce sont eux qui en profitent, il en reste encore bien assez, et une école sous la Tour ou sur la Montagnette est donc encore supportable.
Et les autres qui pensent qu’il faut arrêter toute urbanisation car le massif est déjà menacé irrémédiablement par la spéculation immobilière, et l’école en Montagnette est donc impensable.

Seuls un débat et un référendum pourraient trancher le différend, à moins que la campagne électorale en soit l’occasion. C’est ce que nous verrons.
En attendant, nous allons ici tenter de répondre à quelques interrogations posées tout au long de ce dossier :
- Les diverses causes des retards municipaux.
- Où en sommes-nous ?
- Alors à qui la faute !

Les diverses causes des retards municipaux

En 2001, après son élection en mars, la nouvelle équipe municipale n’en fait pas une priorité puisque la nouvelle école ne fait pas partie de ses projets 2001. Une commission de travail n’est prévue qu’en novembre, alors que l’une des classes est déjà abritée provisoirement dans un local préfabriqué et que des enfants doivent aller manger à la cantine de l’école Notre-Dame. Le CAUE, qui étudie depuis 1998 le projet d’école sous la précédente municipalité et dispose d’un dossier technique déjà prêt pour trois lieux possibles, est sollicité pour refaire l’étude de faisabilité intégrant le nouveau site en Montagnette aux lieux alors envisagés.

En 2002, la commission réfléchit sur les sites possibles dont le meilleur doit être retenu en avril et seule une étude du groupe scolaire fait partie des projets 2002.
Le choix du site est finalement prévu au conseil municipal de mai puis renvoyé à celui de juin qui n’en parle pas…, malgré les demandes incessantes des élus d’opposition.
C’est le conseil de juillet qui en débat et évoque un calendrier pour livraison du groupe scolaire en fin d’année 2005 alors que la maîtrise foncière semble acquise. Déjà 4 ans pour faire une école !
En octobre, le site de la Montagnette est préféré aux autres et ce projet suscite aussitôt une vive opposition soulignée par un article très argumenté de l’Association « Vivre à Barbentane » qui propose une alternative.
Quant aux enseignants et parents d’élèves, « ils piaffent d’impatience » d’après le Maire, mais restent cois et confiants, parce le lieu leur convient et que le Maire leur assure qu’il n’y a plus que trois ans à attendre. La situation en préfabriqué avec cantine extérieure ne justifie donc aucun commentaire de leur part !
C’est malheureusement ici que se glisse un lézard dont nous reparlerons plus loin.

En 2003, le Maire annonce que le choix du site sera officiellement retenu au cours du premier semestre. Dès la décision en juillet, l’Association "Vivre à Barbentane" introduit un recours auprès du Tribunal administratif pour refuser le lieu d’implantation. Et c’est en novembre que le prix de réalisation du groupe scolaire est évalué à 3 232 000 € HT pour le dossier de demande de subventions.

En 2004, les études et missions en vue de la construction du groupe scolaire sur la Montagnette continuent avec choix du service d’assistance générale qui va gérer pour la Mairie les aspects administratifs, financiers et techniques de l’opération depuis « l’idée de faire jusqu’à l’achèvement des travaux », c’est-à-dire pour trente mois. L’échéance approche mais la livraison passe de 2005 en 2006…

En 2005, la commission (ouverte à quelques résidents du site qui lui donnent un air ‘concertatif’, évitant surtout d’avoir à consulter la population) valide le schéma pour que le conducteur d’opération prépare le cahier des charges architectural. Le Maire annonce qu’on entre dans la phase décisive, ce qui signifie que sa promesse d’ouvrir en 2006 est déjà compromise… Parce que de rares individus mettent des bâtons dans les roues.
Sous-entendu : « à cause de cela », il est annoncé comme plausible l’ouverture de l’école seulement en septembre 2007 ! Deux ans de plus d’un coup qui ne semblent toujours pas contrarier les enseignants et les parents d’élèves souhaitant pourtant que le projet accélère un peu. Or, il recule !
Aussi, on les concerte, réunit, on leur montre des plans prometteurs, on les fait rêver en leur assurant qu’il n’y a plus que deux ans à attendre ! Le Maire annonce même une réunion publique pour répondre aux 800 pétitionnaires contre le projet de nouvelle école au « quartier du Séquier »… Le terme Montagnette agace !
En septembre, l’association « Vivre à Barbentane » este à nouveau en justice contre la délibération du conseil du 8 juin décidant du choix de la Montagnette.
En décembre, le premier recours de la même association se voit rejeté et l’association condamnée à payer 700 € à la commune. Il y a de l’espoir et la décision favorable du Tribunal n’appelle aucun commentaire.
Le projet continue.

En 2006, l’APE prend position dans le débat en faveur du site de la Montagnette « où 30% d’enfants iront à pied du fait de sa proximité », (oui mais il en reste 170 qui iront en voiture !), ou « qui ne se verra ’ratiboiser’ que de 0,01 % ». Et demande à chacun de ne plus entraver le projet !
Le Maire poursuit les préparatifs et oublie la réunion publique explicative, espérant que l’appel de l’APE meublera son silence, sauf pour laisser entendre qu’au lieu de septembre 2007, il faudra bien quelques petits trimestres de plus, pour l’ouverture de l’école. L’esquisse du projet est enfin présentée pour des travaux qui doivent démarrer en fin d’année.
L’APE ne rigole plus et parle d’un projet qui joue « l’Arlésienne » à force de devoir déjouer les multiples embûches qui se dressent devant lui.

L’année 2007 commence et finit mal.
Les parents ne s’inquiètent pas seulement du retard du projet, renvoyé encore par une annonce de M. le Maire pour dans deux ans, mais aussi de son insuffisance : Le nombre de sept classes primaires prévues dans le projet d’école est déjà celui de l’ancienne école saturée ! Où va-t-on trouver la surface pour agrandir sitôt la construction terminée ? Les maternelles resteront-elles à l’ancienne école pour laisser leur place ?
Pour la Mairie, plus moyen de reculer car le permis est déposé dans l’été et la surface du lieu contrainte. D’autant que l’Architecte des Bâtiments de France a exigé d’éloigner l’ouvrage du champ de visibilité de la Tour. Il a donc fallu reculer le projet et déplacer les aires de stationnement. Depuis janvier de nouvelles règles d’accessibilité aux handicapés ont obligé de revoir quatre autres éléments techniques non adaptés.
Ce qui devait être un projet architectural exemplaire devient un éprouvant marathon municipal où plus personne ne comprend rien.
Pour éviter que ne se répande l’inquiétude, on insiste sur les aspects techniques, environnementaux, et l’on va développer contacts et relations avec toute la communauté scolaire pour en souligner l’excellence.
Une rencontre avec le Président Guérini permet de lancer l’idée de pose de la première pierre en septembre, mais le retard côté collège retarde heureusement l’opération qui aurait certes un caractère rassurant, mais pour le moins prématuré.
En octobre, le dossier scolaire tourne à la catastrophe par la décision du Tribunal administratif d’annuler la procédure pour « absence de saisie préalable du Préfet, pour avis », à quelques mois des élections.
La remobilisation de la majorité municipale, des parents et enseignants contre les fauteurs de troubles repart, mais cache un malaise grandissant.

L’année 2008 est inaugurée par des déclarations brutales de cette majorité faisant porter le retard sur des élus mis en cause dans leur honnêteté, sur une association trop curieuse, sur une minorité aimant les procédures… L’APE lance son cri du cœur et révise à la baisse la surface de 0,001 % empruntée à la Montagnette pour faire une école déjà trop petite avec 7 classes primaires.

Où en sommes-nous ?

Sept ans après, le projet d’école est toujours en projet.
Il y a eu des procédures juridiques à qui sont attribuées les causes des retards de l’école. Au vu des multiples études nouvelles nécessaires pour résoudre les problèmes d’une telle construction, cela est faux.
Car, il n’y a pas eu de procédure juridique pour la construction du collège et pourtant il est toujours en attente ! Mais ici, on accuse les propriétaires de ’trublionner’…
Il n’y a pas eu non plus de procédure juridique pour la construction (non promise) du centre ancien et pourtant il est toujours en attente.
Bref, accuser les autres dans le cas de l’école semble contredit par ces deux autres dossiers non contestés et ayant pourtant subi le même sort.
Trouver des boucs émissaires, c’est toujours facile et peu glorieux.

La vérité se trouve très loin de ces chicanes procédurales et les élus majoritaires savent que les quelques contrariétés venues compliquer leurs projets sont d’abord causées par le fait qu’ils ont été imprévoyants sur les aspects techniques, mais surtout qu’ils n’ont pas été compris : Projet non promis en Montagnette, pas de débat public sur ce choix.
Malgré toutes les belles promesses de débats, d’écoutes et de démocratie, ils ont fait fi de tous les conseils, de toutes les critiques, s’enfermant dans leur tour d’ivoire. Croire par exemple que la Montagnette était un jouet prêté aux élus pour la détériorer suivant leur bon vouloir a eu des effets ravageurs.

Alors, prendre la mouche, étaler son courroux, vitupérer, voire insulter les barbentanais qui se sont mis en travers de leurs missions réussira peut-être à faire croire que c’est à cause des empêcheurs qu’il y a du retard dans le calendrier, mais ne cachera pas leur inefficacité patente.
Annoncer à nouveau que l’école est lancée et que rien ne l’arrêtera est sans doute la conséquence du succès de l’expérience municipale dans les méandres administratifs et l’on est prié d’y croire…
Sans rire.
Sauf s’il s’agit d’une tartarinade de plus à ajouter aux balivernes précédentes sur les bienfaits d’une si petite construction en Montagnette comme de son ouverture prochaine toujours reportée.

Alors à qui la faute ?

Les problèmes d’école à Barbentane ont souvent fait la une des journaux et celle-ci n’échappe pas à la règle. Il semble ici que nos autorités ne veulent pas reconnaître simplement que la réglementation n’a pas été respectée ?
Non pas pour une simple broutille administrative ou une banale et inconséquente erreur de procédure, mais de manière délibérée, une banale histoire de ‘lézard’ introduit en début de procédure créant une embrouille administrative s’ajoutant aux deux positions inconciliables soulevées en début d’article.

Lorsqu’en 2001, la nouvelle équipe arrive en Mairie, le projet d’école est déjà dans les tiroirs avec trois possibilités d’implantation entre lesquelles choisir.
Pour des motifs incompréhensibles, l’équipe ICHARTEL rejette tout le travail de la municipalité GINOUX, sans aucune considération pour les dépenses d’études effectuées, et décide d’implanter cette école sur la Montagnette, sous la Tour, alors que son projet électoral n’y faisait aucune allusion, évidemment.
Le feu vert préfectoral appelé DUP ou Déclaration d’Utilité Publique est légalement obligatoire pour toute réalisation d’importance. Aucun bureau d’architecture conseil ou d’assistance générale ne l’ignore et le Maire encore moins puisqu’en 2003 pour l’aménagement du Centre ancien, le conseil municipal a voté le dossier technique transmis à la Préfecture pour la même raison… Or à l’époque, cette procédure est passée ‘de justesse’ (voir « Projet au Centre ancien »).
Cet accord conditionne la faisabilité du projet et dépend de la vérification par les services préfectoraux que celui-ci n’est pas prévu en zone à protéger comme la montagnette, à moins de 500 m de monuments historiques comme la Tour, que les voies d’accès sont suffisantes pour deux camions s’y croisent, etc. Et une enquête publique est ensuite ouverte pour informer et obtenir l’avis de la population. Une enquête de ce type n’a aucune chance d’être favorable au vu des conditions restrictives protégeant Montagnette et monuments historiques.
Vous avez sans doute déjà compris que ces conditions étant impossibles à remplir et n’ayant donc aucune chance d’obtenir l’autorisation, M. le Maire passe outre l’avis préfectoral et fait le ‘lézard’.
Misait-il sur les amitiés politiques pour ensuite résoudre d’éventuelles difficultés ?
Ou misait-il sur la pression des parents d’élèves pour rendre les autorités plus compréhensives, le « cri du cœur de l’APE » et la pression de parents excédés par les lenteurs, pouvant obtenir à l’usure ce que la réglementation lui refuserait ?
C’était risqué, mais jouable. Sauf qu’il y a des jeux dangereux avec de graves conséquences.
On peut se demander comment les parents ont pu se laisser ‘abuser’ pendant sept ans par des prétextes divers et des justifications spécieuses, dans un dossier miné d’avance ?
Pris aujourd’hui en défaut, le Maire se dit victime des temps modernes en espérant rallier à ses pratiques par un discours anti-administratif coutumier et par le dénigrement des opposants.
Mais alors, à quoi ont donc servi tous ses services de conseils et d’assistance, sans parler des commissions d’élus ?
Cet entêtement s’est en plus doublé d’une grave erreur qu’aucun barbentanais de souche et beaucoup de nouveaux venus ne peuvent comprendre ni accepter : La Montagnette est à nouveau urbanisée et cette fois avec une construction extrêmement fréquentée journellement, par ceux qui sont chargés de la protéger !

Il faut être sourd pour ne pas entendre ou refuser délibérément d’écouter les habitants et faire croire que ce projet d’école n’est qu’une goutte d’eau insignifiante dans un patrimoine encore largement suffisant. Cette attitude des parents d’élèves provoque un divorce dommageable avec une partie de la population, choquée qu’on puisse prétendre offrir le meilleur lieu à nos enfants en dilapidant ce même lieu que nous devons leur conserver et laisser…

N’ayant pas convaincu les barbentanais qui voient bien les dizaines de constructions déjà autorisées durant son mandat s’ajouter aux dizaines d’autres construites auparavant, et la vingtaine déjà promises parallèlement à l’école, les pratiques et discours municipaux ont fait déborder le vase symbolique des barbentanais à qui l’on peut raconter n’importe quoi, mais qui ne sont pas obligés d’y croire.

Coincé par le boomerang administratif qu’ils ont eux-mêmes provoqué, c’est donc maintenant la faute aux autres, accusés même de ne pas vouloir de l’école, ni des enfants, une insulte de plus à l’encontre de ces barbentanais ignorés qui avaient pourtant proposé à l’époque d’autres lieux. Seuls les lézards sont épargnés… Et un climat malsain se développe en cette veille d’échéances électorales où l’on monte les uns contre les autres au lieu de parler de l’essentiel :
- Un nouveau et important saccage de la Montagnette,
- Des coûts exorbitants du fait des lenteurs, de la configuration et de l’éloignement des lieux qui obligent le Maire à découper le projet en petits morceaux afin de le réduire par les subventions,
- La détérioration de quartiers entiers par la circulation qui va être générée,
- Et enfin cette incapacité en sept ans de tenir sa promesse et mener à bien ce projet indispensable malgré un nombre impressionnant d’architectes, de cabinets d’études et d’assistance, de services divers et variés qui ont fait comme si…

C’est pitoyable.


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