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Le Rhône et le nucléaire

Dangers dans la vallée du Rhône

Au 20ème siècle, dans les années trente, est né le projet d’aménagement de la vallée du Rhône pour la production hydroélectrique. Génissiat le 1er barrage commencé avant la dernière guerre, est terminé en 1948. L’essentiel des autres aménagements a été mis en place entre 1950 et 1960. Les plus gros barrages ont donc plus de 50 ans.
Cela a entrainé la suppression de 60% des bassins d’expansion des crues dans le lit majeur. Les digues CNR ont été calibrées pour le profil du Rhône tel qu’il était à l’époque.
Depuis, la gestion des barrages, essentiellement aux heures de pointe, a causé une très forte accumulation de limons dans le lit mineur. Les heures consacrées au seul débit réservé empruntent le couloir de navigation, dans le reste du lit l’eau est presque étale. Les limons ainsi accumulés diminuent d’autant la capacité d’évacuation du lit mineur.

Dans le même temps, l’ancien lit majeur est protégé par les digues et des milliers d’hectares ont été imperméabilisées pendant ce qu’on peut appeler l’âge d’or du BTP. Ces surfaces le plus souvent planes ont été prélevées sur l’ensemble du bassin versant. Ces territoires étaient des lieux privilégiés pour ralentir les flux et permettre la percolation des eaux de ruissellement vers les nappes phréatiques. Aujourd’hui, cette imperméabilisation, avec des écoulements busés, accélèrent ou augmentent par défaut les flux vers les rivières et le fleuve.

Dans les années 70 ont été construites les premières usines nucléaires. Leur alimentation en eau est prévue en fonction du niveau d’eau maintenu par des barrages vieillissants, des calculs obsolètes pour l’évacuation des crues. Elle est aujourd’hui liée au profil du bassin versant. Il faudrait prendre en compte les accumulations de limons, les imperméabilisations. Or, la seule réponse apportée à ce jour : on refait les digues à la même hauteur rive droite et rive gauche. Et l’ensemble des maires repart dans un beau chorus, les voilà rassurés, ils peuvent enfin accorder des permis de construire !

La CNR, SUEZ annonce que l’on va recrépir les façades des barrages avec un super ciment et nul ne réagit.
En l’état actuel des choses, la magie ne faisant pas partie des talents du BTP, on ne peut pas intervenir sur la structure profonde des barrages.
Tout ceci revient à dire que nous allons projeter sur les plus gros barrages, toute la force du fleuve le plus torrentueux, le plus puissant d’Europe. La masse et la vitesse étant cumulées. Nul ne se soucie que du niveau d’eau dépend l’alimentation des usines nucléaires. Un problème à la fois, nos experts ne travaillent que dans la dichotomie.
Le Rhône a déjà prouvé qu’il pouvait être très destructeur, remplir allègrement tout son lit majeur. Aux alentours de 1400, une crue a emporté un village de carriers, entre Aramon et les Angles, Saint-Pierre-La-Vernède… Il n’a jamais été reconstruit, ses habitants avaient été emportés par le fleuve.
Peut on imaginer que des inconscients, largement écoutés, payés, parce qu’ils vont dans le sens de la langue de bois, d’intérêts particuliers, puissent organiser la situation la plus périlleuse qui soit pour la vallée du Rhône et ses habitants ? Vallée du Rhône – Fukushima, catastrophe naturelle différente, même danger.
Je rappelle qu’ici comme là-bas un accident nucléaire majeur, c’est la stérilisation d’une région…
Le couloir rhodanien est indispensable, entre l’Europe du nord et du sud, à la France.
Que serait-elle sans lui ?

Il est indispensable pour écarter ce danger, d’en éliminer une à une les causes :
I. L’homme est un boulimique de l’énergie. Il est grand temps d’y mettre un bémol, un énorme BÉMOL, et partout sur la planète : Exit les éclairages des villes à giorno, les orgies lumineuses.
II. Vive les circuits courts, les transports en commun performants, les trains de marchandises bien gérés, le fluvial avec des moteurs à faible consommation.
III. Pour le Rhône, la déprise agricole en haute et moyenne montagne a vu disparaître les petits rus, soigneusement entretenus qui traversaient les prés et rechargeaient les nappes des sommets. Nous avons besoin de bassins de rétention depuis le pied des glaciers sur tout le bassin versant.
Il est temps que les élus ou administratifs regardent le monde qui les entoure, fassent preuve de pudeur et laissent pour une fois leur suffisance au vestiaire, tiennent compte de la réalité dans tous ses aspects.
IV. Quand au nucléaire, à moins de choisir un suicide collectif de la population de la terre, il est grand temps de le ranger dans les oubliettes, de très grandes oubliettes et le plus vite possible.

La présidente du DDARD : Jane Lambert.
Le 15 mars 2011.


LES BARRAGES

Le Rhône est toujours vivant, violent, superbe, royal. Les crues de 1994, 1995, 2002, 2003 sont là pour nous le rappeler.
Où en sont les aménagements CNR ?
Aujourd’hui c’est SUEZ qui gère.
Suite aux inondations de 2003, une analyse de l’état de conservation des ciments qui ont servi à la construction des barrages aurait été effectuée.
Rien n’a vraiment transpiré, une rumeur cependant, parlerait, d’une marge de sécurité d’une quinzaine d’années. L’analyse aurait été faite depuis plusieurs années. Ceci nous laisserait moins de quinze ans de sécurité.
Compte tenu du contexte mondial climatique, du caractère fantasque et violent du Rhône, il serait pertinent que l’Etat s’inquiète.
Le ciment a une durée de vie limitée, c’est une invention humaine. Soumis aux coups de boutoir du géant européen, quelle est notre marge de sécurité ?
Les barrages ont pour la plupart 50 ans ou plus. Dans la mesure où il est impossible d’agir sur les structures profondes des barrages, quelles réparations, consolidations peuvent être mises en place ?
SUEZ a annoncé que LAFARGE a mis au point des ciments très performants.
Va-t-on replâtrer les façades ? MYSTERE…
Je suis assez agée pour savoir que le meilleur chirurgien esthétique du monde ne me rendrait pas mes 20 ans.

LES BESOINS D’EAU DU NUCLÉAIRE

Un autre problème se pose : l’ensemble des usines nucléaires a été construit après les aménagements CNR. Elles dépendent du niveau actuel de l’eau dans le Rhône pour leur refroidissement. Dans l’hypothèse d’un problème majeur sur un ou plusieurs barrages, on sait que l’effet domino s’est déjà produit sur le Rhin à la suite d’un bombardement de la RAF pendant la guerre 39-45.
S’il est possible d’arrêter une usine nucléaire dans l’heure, on doit cependant continuer de la refroidir pendant encore au moins deux mois.
N’a-t-on pas frolé la catastrophe en Gironde pour ce motif, il y a quelques années, pendant la grande tempête ?
Que pourraient faire les meilleurs techniciens du monde privés d’eau ?
Je rappelle qu’une pollution majeure de l’air fait le tour du monde, entre 17 jours et trois mois, dixit la METEO.
* Après TOTAL et la catastrophe de l’ERIKA, qui transportait du brut très toxique au su et au vu de tout le monde, sur des bateaux épaves ;
* Après la conduite de MONSANTO pour qui on continue de déployer le tapis rouge ;
* Après BP et la catastrophe dans le golfe du Mexique, qui prive et va priver de protéines animales des millions de personnes ;
Peut-on faire confiance à une multinationale pour la sécurité de millions de personnes dans le cas d’une menace nucléaire ?
Leur devise est et restera avec une probabilité d’une faible marge d’erreurs : du profit d’abord. C’est leur seul objectif majeur.
L’ETAT a missionné l’IGN pour analyser les modifications du bassin versant du Rhône depuis les grands aménagements, et en évaluer l’impact. Il est indispensable de savoir quelles modifications elles peuvent amener sur le débit et la violence des crues.
Parallèlement, l’état de conservation des barrages doit être pris en considération, afin que les modes de refroidissements des usines nucléaires soient sécurisés et assurés quoi qu’il advienne.
Pour ce faire des études doivent être réalisées par des organismes indépendants et la synthèse assurée par au moins deux groupes d’experts, car on ne peut pas présumer de l’impact d’un lobbying qu’il faut tenir à l’écart de toute intervention. Les enjeux sont énormes, les dégats possibles irréparables.

CETTE RESPONSABILITÉ INCOMBE A L’ÉTAT.

EN A-T-IL CONSCIENCE ?

DDARD le 2 Octobre 2010


Projets dépollution du Rhône

L’état des lieux

Les produits chimiques : pyralène, dioxine et autres rejetés par les usines, les villes, dégradent la vie aquatique, végétale, animale, entraînent chez l’avifaune une pollution pernicieuse, se répandent dans les terres vivrières par le biais des inondations, de l’irrigation et les empoisonnent.
La situation est connue par les représentants de l’état depuis 1987, plus de 20 ans !
Les causes :
- Un trop grand nombre d’installations classées sur le bassin versant,
- L’impossibilité pour les services administratifs DRIRE, DIREN chargés de leur surveillance, qui ne peuvent pas effectuer leur mission dans de bonnes conditions : manque de moyens, mission limitée. Ils n’ont aucun pouvoir de coercition.
- La police de l’eau dépend de la DDA : le nombre des agents est trop limité, face à la dispersion des sites, la possibilité d’évaluer leurs conséquences sur leur impact à distance.
- L’eau n’est pas un élément immobile, elle est le moteur d’un réseau.

En clair les Directives Européennes, les lois ne sont pas ou mal appliquées.

Les pollutions ont des conséquences économiques graves, empêchent le délimonage du Rhône, de la Durance et autres.
Le niveau du fleuve s’élève lentement, mais régulièrement.
Les risques majeurs s’accroissent pour le bas-Rhône, le Delta.
Le temps travaille contre nous.

Quelles mesures nous paraissent nécessaires

- Il faut un moratoire sur toute nouvelle installation industrielle nécessitant de grandes quantités d’eau pour son fonctionnement, et ce jusqu’à ce que la situation sur le Rhône soit redevenue acceptable.
- Il n’y a que la gendarmerie nationale qui occupe l’ensemble du territoire. Créer en son sein une unité spécialisée qui bénéficierait d’agents de terrain occupant vraiment l’ensemble du territoire lui permettrait une plus grande efficacité, des opérations de surveillance, la répression des infractions avec amendes à la hauteur des enjeux.
- Dépolluer les limons comme à Venise. Le coût sera à la hauteur des négligences, 20 ans que la situation est connue.
- Les directives les lois doivent être appliquées. Les industriels ont des droits mais aussi des devoirs.
- Mettre fin à la chienlit : la population rhodanienne est trop dense, pour courir tant de risques.

DDARD le 3 février 2008


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