Vous êtes ici : Associations > DDARD > LEO problèmes
LEO problèmes

LEO : La gabégie continue

La déviation dite de Rognonas se termine.
Elle est essentiellement construite dans le territoire de Barbentane.
Tous les usagers qui utilisent la D35 ont remarqué que le rond point sur la route d’Avignon à l’est de la voie ferrée, est anormalement surélevé. Il est continué au nord comme au sud, par un merlon conséquent, il se termine à la gare par un grand tertre.
Pourquoi ?

Trouées.
Quatre trouées sont aménagées sous la voie : les trémies de la LEO, la trémie de la route d’Avignon, le passage des écoulements des caisses SNCF et d’une petite partie du territoire de Rognonas au fond du quartier de la Bruyère.
En cas de crue simultanée du Rhône et de la Durance, ce qui c’est produit en 1935 et 1951, et d’autres fois avant, le Rhône remonte et occupe le confluent jusqu’en amont du viaduc ferroviaire. La puissance de son flot se fait donc ressentir entre le pont de Rognonas et le viaduc (voir les côtes IGN sur les cartes de randonnées).

Digues.
La digue est prévue pour le débit de la Durance, mais si le Rhône fait obstacle au flux, la Durance cherche un passage. C’est pour cette raison que les digues se rompent. Le débit de la Durance s’écoule alors au travers de notre territoire, jusqu’au trou de Julian prés du pont d’Aramon.
Les aménagements CNR permettent seulement aux eaux de pluie de la Lonne, du canal Puy et des eaux de ruissellement d’Avignon sud de s’écouler. Elles sont acheminées par un passage sous la Durance dans notre contre canal. Débit de l’écoulement sous le pont d’Aramon 50 m3 seconde, un « pipi de chat ».

Déversoirs.
La réfection de la digue de la Durance, par la SMAVD, va aménager des déversoirs sur le territoire de Rognonas (voir croquis). Le premier déversoir nous concerne. Il est immédiatement en amont du viaduc SNCF, emprisonné entre la LEO et la voie ferrée.

Limons.
Le Rhône, le confluent Rhône Durance sont encombrés par les limons. En 2003, le niveau de la crue a atteint un niveau de 13 500 m3 seconde avant aménagements CNR. En réalité, il ne passait que 11 500 m3 seconde. La différence : l’espace occupé par les limons, 2 000 m3 seconde !
Pour donner une idée concrète de l’ampleur du problème : Chacun peut aller constater les travaux effectués par le SMAVD entre le viaduc et le pont de Rognonas. Ils représentent environ 30 000 m3 de déblai. En crue sérieuse, quand le débit s’étale d’un bord à l’autre, sans atteindre le restaurant « L’oie et le Grill », sur sa rive côté Avignon, il représente entre 1 800 et 2 000 m3 seconde.
En clair 30 000 m3 : 2000 m3 = 15 secondes du débit de la crue. Ne soyons pas chauvins accordons 5 secondes de mieux, soit 20 secondes d’écoulement de la crue. Nous avons maintenant une petite idée de l’ampleur du problème de l’impact des limons sur les crues.
Les limons sont tellement pollués, qu’ils ne peuvent être stockés à terre, ni mis en suspension pour être transportés par effet de chasse jusqu’à la mer.
Les usines continuent toujours de polluer, plus ou moins, la gestion des barrages hydrauliques est toujours réservée aux heures de pointe, KW payé au plus haut. Entre les deux pics de consommation, le Rhône n’évacue que le débit réservé, sauf s’il est en hautes eaux, d’où un ralentissement de la circulation de l’eau parfois stagnante en dehors de la voie navigable = dépôts de limons assurés.

La gabégie continue.

Des flux prisonniers et des habitants menacés.
Nous avons donc un déversoir aménagé près de la voie. L’assurance que les digues gérées par le SMAVD sont solidement aménagées, jusqu’à Serre Ponson. Le flot sera bien contenu en amont, il arrivera devant le confluent dans toute sa splendeur.
Si le Rhône est en crue, avec l’obstacle suplémentaire d’un pont, la pression exercée par les eaux chargées de MES (limons), s’exerçant dans des sens contraires, la Durance empruntera le premier échappatoire à sa portée : le déversoir.
Le niveau critique risque d’arriver plus tôt que prévu par accumulation des flux.
L’eau du déversoir où a-t-on prévu de l’évacuer ?
Elle passera sous les trémies, sera rejetée dans la canalisation venant d’Avignon sud et se jetant dans le contre canal, le reste, prisonnier entre le merlon et la voie, se dirigera au sud vers les deux autres exutoires « naturels » : la route d’Avignon D35, le passage sous la voie au fond du quartier de la Bruyère.
Toutes les eaux d’écoulement de Barbentane passent par St-Joseph, nous les verrons passer grossies des eaux du déversoir. Elles finissent dans le contre canal. Il ne peut au mieux n’évacuer que 50 m3 sous le pont d’Aramon, nous les verrons refluer par la Lonne, les roubines vers le village et nos habitations.
Regardons à nouveau les côtes IGN sur une carte de randonnée : par le principe des vases communiquants, l’eau va s’accumuler dans un bassin hydraulique qui n’a pas d’évacuation prévue pour un tel phénomène. Nous avons été transformés en bassin de rétention sans qu’il soit tenu compte de la présence de 2 000 habitants dans une plaine qui risque d’être entièrement submergée…
Ce sont les services administratifs, les représentants de l’ETAT qui nous ont imposé un tel tracé. J’espère qu’ils prendront leur responsabilité le jour où cela se produira et n’auront pas l’audace de venir nous faire un discours compatissant.

Pompages d’une eau ignorée.
Enfin les pompages intempestifs répétés de la zone des résurgences pérennes continuent aujourd’hui dans la nappe d’accompagnement de la Durance. Ils maintiennent l’ensemble des résurgences avec un débit conséquent régulier au lieu de les freiner. N’oublions pas le principe des vases communiquants. Le niveau reste ce qu’il doit être. Les à venants de travaux supplémentaires, que la présence de l’eau niée par la DDE malgré l’affirmation unanime des riverains de la rive gauche à la signaler, sont là pour attester nos affirmations.
Ces passages d’eau peu profonds, fonctionnant comme des puits artésiens maintenus en large flux pourraient ouvrir une voie royale pour des débits très importants.

Résurgences occultées.
La municipalité n’a pas souhaité participer au financement de l’expertise des résurgences. Elles ont été financées en partie par la mairie de Rognonas, le reste par des particuliers de Barbentane et l’association DDARD ; la municipalité n’a pas voulu ester en justice contre la LEO. Les associations FARE SUD et DDARD l’ont fait pour la population de Barbentane. Nous avons la trace de nos efforts, de l’attitude de la DDE face à une évidence.

Casier créé sans le dire.
Organiser la transformation d’un casier hydraulique semblable à celui d’Aramon, sans moyen de vidange, est une atteinte au principe de précaution. Le tout sans avoir consulté la population, pire, nous avons été exclus du syndicat du Vigueirat après les inondations de 2003.
Mais l’administration estime peut-être que le seul fait d’exclure une commune d’un syndicat d’écoulement des eaux peut changer la réalité du terrain ! Historiquement nous avons toujours fait partie du syndicat du Vigueirat. Un ruisseau d’écoulement figure toujours sur les plans d’écoulement de la commune. Serait ce trop demander aux représentants de l’Etat d’en tenir compte ? une réalité cadastrale ne s’efface pas d’un coup de gomme.

Sacrifice hydraulique.
Nous n’avons aucun moyen de nous protéger… Sauf :
- Vérifier la vanne sur les débuts de la Lonne au fond de la Bruyère,
- Préparer deux rangées de blocs en réserve prés de la D35 entre lesquels nous pourrions glisser des ballots de paille pour contenir partiellement le flot inondant pour l’évacuer progressivement en barrant momentanément la route.
Et advienne que pourra.
Il y a 2 000 personnes menacées en plaine.
Il n’y a pour l’instant que l’avenue Bertherigues pour permettre aux véhicules de s’échapper. Considérant les problèmes de circulation qu’elle connaît, le manque de civisme régnant sur les routes, qui aura l’idée de se soucier de ceux qui suivent derrière ? Il y a gros à parier que la plupart des véhicules resteront bloqués dans la partie la plus basse du village.

Autre question : la responsabilité de l’Etat. Peut on imaginer qu’il décide en toute connaissance de cause de sacrifier les biens, et mette en danger 2 000 personnes, enfermées dans un vase clos, à la merci des inondations ?

Affaire à suivre.

Jane LAMBERT Présidente du DDARD le 30 septembre 2010


La force de l’eau et la bêtise technique

Monsieur le Président de la DDE
Les derniers travaux de la LEO sont pour le moins surprenants.
Dans les BDR, ils sont réalisés dans une plaine alluviale humide, zone de résurgence active dument expertisée et reconnue par les soins de deux associations.
Placée directement sur l’ancien lit du Rhône et plus tard de la Durance, toujours active, en témoignent les difficultés que vous avez, vous rencontrez et rencontrerez encore.
Les bassins de rétention que vous creusez sont directement dans la zone phréatique de surface ; en cas de fortes pluies, leur efficacité sera nulle. Par contre en suivant les palplanches, l’eau polluée suivra leur chemin pour atteindre la deuxième nappe.
Aucun constructeur de piscine enterrée, sur la plaine alluviale d’Avignon ou sur le nord Alpilles, n’aurait l’idée de faire ses travaux sans recommander à ses clients de laisser la piscine toujours pleine : la force de la circulation d’eau dans la nappe phréatique de surface est telle, qu’elle soulève sans problème tout bassin vide placé sur son parcours.
Vous avez commencé de réaliser ces travaux, sans avoir fait l’étude de la provenance et la destination de ceux qui empruntent ces trajets.
Le projet ne dessert ni l’est de la ville, ni l’est et nord-est du département de Vaucluse et ne tient pas compte des grandes voies de circulation.
D’autre part suite aux résurgences dans la zone de courtine, vous avez peaufiné la digue de la Durance. Prenez donc la peine de regarder la carte IGN, évaluez la pente réelle de la plaine alluviale. L’eau de résurgence vient du nord, nord-est. Les digues au sud bien réalisées peuvent aussi bien augmenter le phénomène de résurgence.
Comment peut on faire de tels travaux en ignorant le principe physique des vases communiquants ?
Les contribuables n’ont plus les moyens de financer des travaux qui sont pour le moins contestables.
Quels que soient la volonté, le génie des hommes, ils ne sont rien face aux forces de la nature. _ Il est fort regrettable qu’en ignorant de telles réalités, on puisse mettre en danger la sécurité des biens et des personnes.
Veuillez trouver ici mes salutations distinguées.
La présidente du DDARD le 3 décembre 2009


La première tranche de cette voie pose déjà de graves problèmes.

La LEO a été tracée et construite au travers d’une zone humide sans grande précaution.
Le déplacement du pipeline, la pose des trémies, l’enrochement de la bande roulante, ont provoqué des travaux et modifications dans la nappe phréatique de surface mais aussi en profondeur.
Les conséquences prévisibles sont déjà actuelles alors que les travaux ne sont pas terminés :
➣ La source de la Bagnolette en limite de Graveson, et l’une des sources de la Lonne sont taries, malgré la fin d’hiver et le printemps humide dont nous bénéficions.
➣ Toutes les sources des quartiers Fongisclar, la Bruyère, Ste-Catherine à Barbentane sont plus actives que jamais. Le sous-sol qu’elles traversent, depuis le lit profond de la Durance (résurgences) est composé de sables et de galets fins. Le passage activé de l’eau les déplace. Leur origine est dans l’ancien lit de la Durance que les travaux LEO ont fortement perturbé. Les sources réagissent toujours aux crues du Rhône et de la Durance avec lesquels elles ont gardé des flux actifs. Elles sont en connection avec les lits actuels, leur modification menace la sécurité de la population du nord BdR. Les échanges entre l’aquifère et la rivière ont donc subi d’importantes et inquiétantes modifications.
➣ Les travaux perturbent aussi les débits des nappes de surface, ce qui est préjudiciable à l’alimentation de la nappe phréatique de Graveson, et à la sécurité pour l’eau potable.
➣ Le passage de la LEO, refusé dans sa conception aérienne, présente un risque majeur pour Rognonas et Barbentane en cas de crue, les passages d’eau en souterrain étant agrandis.
➣ Les travaux en cours pour aménager la roubine de Rognonas aggravent la situation. En effet, la force de l’eau jaillissante oblige l’exploitant à tenter de stopper le flux par une pose massive de ciments spéciaux. Sans parler de la pollution initiée, la maîtrise des sources à tout prix va provoquer une nouvelle perturbation des écoulements souterrains et des nappes du secteur.

La présence des sources et de la zone humide, ont pourtant été signalées en vain par les Maires, les signataires de l’enquête publique, réaffirmée par une pétition de témoins, et enfin constatée par le cabinet d’expertise Breuil Consultants.

La directive Européenne qui protège les petites zones humides a été violée, ainsi que le principe de précaution. Il est anormal que les contribuables subissent les surcoûts de cette action perpétrée en toute connaissance de cause, et que les riverains pâtissent un jour d’un projet anarchique.

Il est impératif que l’ensemble des tribunaux administratifs, le Conseil d’Etat appliquent les directives Européennes en matière d’environnement. Se contenter d’examiner la forme nous paraît une procédure obsolète.

D’autre part, à ce jour la poursuite du projet (deux autres tranches réclamées par Avignon), priverait à jamais la ville de Rognonas des forages autonomes assurant l’alimentation de la ville en eau potable, alors que tous les citoyens sont égaux en droit.
Elle entrainerait aussi la destruction de terres agricoles de grande valeur, et ce sans résoudre les problèmes de communication d’Avignon avec l’Est et le Nord-Est de son département.

En temps normal, et plus encore en temps de crise, il est indispensable d’évaluer d’abord les coûts induits pour l’Etat, les citoyens, les communes, puis les coûts environnementaux des constructions et de l’exploitation de lourdes infrastructures afin de ne pas se limiter aux intérêts économiques.

Le nord BdR a surtout besoin :
➣ d’un lycée à Châteaurenard. Ainsi, les flux de déplacement que cette carence entraine seront taris.
➣ de transports en commun par rail, tout comme le département de Vaucluse qui bénéficie d’une étoile ferroviaire pouvant résoudre les problèmes de transport et de parking.
➣ d’un meilleur partage des implantations d’entreprises, diminuant les déplacements vers Avignon.
➣ d’une réflexion pour se préparer à la raréfaction du pétrole et aux conséquences sur la circulation.
➣ d’un autre regard sur l’environnement que nous voulons conserver ou détruire.

Le lycée et le rail sont à portée de main et bénéficient d’une volonté cantonale, départementale et régionale.
Il nous faut faire face aux dégâts de la LEO actuelle et préparer autrement l’avenir.

La Présidente/Jane Lambert


Contacts | Espace privé | Mise à jour le 2 mai 2013 | Plan du site | Haut de Page