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1 - Le continent Plastiquoland

Entre Hawaï et la Californie, une gigantesque poubelle de 3,5 millions de km2 tourbillonnent dans le Pacifique Nord.

Cette plaque de déchets plastiques dérive en permanence et grossit régulièrement depuis des années sans que le G8, l’Union Européenne, les USA ni Arthus Bertrand, ne s’en émeuvent.

Sur des dizaines de mètres de profondeur, sur une surface grande comme un tiers de l’Europe, le continent Plastiquoland se nourrit des tous les déchets jetés en mer par les navires (20%), les villes, les gens et les industriels. C’est là que finit une grosse partie des 135 milliards de kg produits chaque année et très peu recyclés.
Il contient des bouchons, briquets, ballons, sacs, bidons, nappes, toiles…, qui sous l’effet du soleil, de l’eau et du sel se désagrège en fines particules remplies de matières toxiques (PCB… Un million de fois la dose normale) qui polluent tout et mettront entre 400 et 1 000 ans pour se dégrader.

L’impact sur les espèces végétales et animales est terrible : Oiseaux, poissons et mammifères ingurgitent les morceaux de plastique, s’étouffent, meurent ou, intoxiqués, se reproduisent en dégradant leurs progénitures. De nouveaux prédateurs s’installent dans la zone et perturbent l’écosystème (les méduses en font partie). La pêche devient impossible et dangereuse. Les espèces prélevées à proximité qui se retrouvent dans les assiettes menacent la santé des familles et consommateurs voisins, japonais et américains.

Cette masse de débris a aussi un effet sur le réchauffement des mers, des courants, du climat et de la planète… Mais, il est tellement plus facile de verbaliser un excès de vitesse ou d’inciter au civisme des buveurs de canettes que résoudre cette poubellisation monstrueuse des fonds et milieux marins contribuant en plus à la disparition des ressources aquatiques.

D’autres phénomènes identiques ont lieu aussi en Atlantique dans la mer des Sargasses entre Europe et Amérique, au large du Japon ou encore près des côtes africaines.
En France, la Manche concentre des débris 100 fois supérieurs à la norme maritime, et notre Méditerranée n’est pas épargnée, même si plagistes et saisonniers, ratissent pendant l’été pour que le touriste ne remarque rien !
Après les algues vertes, les thons rares et les huîtres malades, ce sont les méduses, requinquées en plus aux PCB et à l’uranium Tricastin, qui ne sont que le signal piquant du début d’un lent processus de dégradations durables…

Pas besoin d’attendre la dérive des continents pour marcher un jour sur l’océan de Los Angeles à Tokyo, ou de Rabat à Marseille, il suffit de jeter encore quelques sacs plastiques à la mer, le continent Plastiquoland fera le reste !

À moins que soudainement soucieux des conséquences de leurs activités nécrophages sur la vie, les grenelleux gouvernementaux, les industries pétrolifères, les fabricants et marchands de plastique, les propriétaires de bateaux, les armées…, se mettent à réparer leurs dégâts suivant le principe pollueur payeur et ne se limite pas seulement à appeler le con…sommateur à modifier ses mauvaises habitudes.
Parions hélas que les écolos seront moqués, la réalité niée et les consommateurs encore bernés !

Le 30 décembre 2010, la presse évoque enfin la pollution par 250 milliards de fragments de plastique de la Méditerranée, déchets minuscules avalés par les planctons, eux-mêmes mangés par les poissons, pour finir même dans nos assiettes. L’Institut français de recherche pour l’exploration de la mer (Ifremer) évalue l’étendue des dégâts à 500 tonnes de microdéchets qu’on continue à déverser à chaque lâcher de ballons et de jet de poubelles plastiques à la rivière ou à la mer.
Grenelle à quoi et à qui as-tu servi ?


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