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Le microbe, nouvel ennemi de l’intérieur

Les Américains nous ont bien fait rire quand ils ont décidé que le fromage français était bourré de champignons, microbes, moisissures, donc immangeable voire dangereux, mais franchement, passer leurs poulets à la javel par peur de l’empoisonnement frise la limite du mauvais goût…

Il est vrai que celui du pénicillium roqueforti ou l’odeur caractéristique du Maroilles peuvent parfois plaider en leur faveur et que les produits laitiers posent problème à beaucoup de consommateurs. Mais de là à tout désinfecter !

Il y a quatre milliards d’années, les premières formes de vie étaient celles des micro-organismes et les hommes vivent depuis avec eux, les utilisant si besoin, et résistant parfois avec difficulté à ceux qui deviennent pathogènes.

Vivre avec les microbes est donc une longue tradition humaine qui donne une idée de l’immunité naturelle de l’Homme et de sa capacité de résistance. Immunité et résistance fortement endommagées depuis l’invasion chimique et la pollution généralisée qui affectent chacun.

Or, plutôt que de réduire les secondes pour renforcer les premières, l’idée commerciale a germé chez les chimistes de fabriquer un antibiotique spécifique à un microbe… Répression au lieu de prévention comme toujours. Pour notre santé, bien entendu !
Ainsi, lorsqu’une fragilité momentanée (coup de froid, événement choquant…), provoque une baisse puis hausse de température ou de tension, les microbes présents en nous sont autorisés à se développer intempestivement sans que l’on est très bien cherché si cela est naturel ou non. Pas de quoi en faire une maladie ! Eh bien si, justement, la trouille américaine ou française, bien utilisée, est une formidable occasion de leur vendre le produit miraculeux sensé les sauver.
Derrière des histoires comiques de fromages qui fouettent ou de poulets chlorés, il y a surtout des pratiques antimicrobiennes beaucoup plus insidieuses et dangereuses qui se développent :
- Les Américains ont peur du Maroilles qui sent, ils vont déguster de l’aseptisé venté comme étant sans risques et surtout si facile à produire par une industrie agro-alimentaire puissante (Depuis mai 2009, Obama autorise à nouveau les importations de fromages français, mais javellise toujours les gallinacées !).
- Pour les Français, qui pour l’instant n’ont pas peur des fromages qui puent, on leur fait croire que le microbe X, la bactérie Y ou le virus Z peuvent menacer leur vie (Ah, la peur salutaire !) et donc leur vendre LA solution médicale antibiotique (bonjour les allergies !) afin d’ouvrir un débouché porteur au secteur pharmaceutique. Le nombre illimité de micro-organismes qui, pour se protéger, vont accroître leur défense et leur virulence en mutant (même réaction que les insectes face aux insecticides qui tentent de les empoisonner avec les conséquences dramatiques sur l’agriculture et l’alimentation), offre ainsi de glorieuses perspectives à ceux qui font de la santé et de la vie un simple marché.

Le récent développement d’une hausse ‘mystérieuse’ des infections nosocomiales et de la listériose est attribué dans les cas graves à un micro-organisme souvent en cause : le Clostridium difficile, bactérie très résistante, responsable de diarrhées survenant après des traitements antibiotiques, comme par hasard…
La pollution peut donc continuer, les organismes se fragiliser, le microbe devenir un ennemi face à « l’ami » antibio, ce qui permet d’inviter l’être humain apeuré à la table des convives soignés, côté porte-monnaie.


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