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Le nucléaire français en question

Tolérance étonnante

La région de Fukushima, après Tchernobyl, risque de devenir elle aussi une zone interdite et dangereuse à vie. Stériliser totalement la vie pour 1 000 à 24 000 ans dans une région devenue radioactive (Durée des déchets longue durée), détruire les gens et rendre malades les rescapés et descendants, c’est l’avenir envisagé autour des centrales ou installations nucléaires par « l’atomicus integritus » dont la toute puissance s’abrite derrière le « rayonnement » de la France et les droits de l’homme d’affaires assis sur le principe de précaution…
Les populations savent que le nucléaire est dangereux pour le présent et l’avenir mais apprécient le confort quotidien procuré par une électricité abondante et bon marché qui explique leur tolérance, renforcée par les discours rassurants des producteurs. Dans les années 1970 en pleine crise pétrolière, les politiques français ont décidé de passer d’une production électrique « tout pétrole » à une production « tout nucléaire », en à peine 15 ans, avec un uranium (matière première du nucléaire) importé à 100 %.

Autorités complices

L’autorité de sureté du nucléaire, a été créée bien sûr pour prévenir toute catastrophe, mais surtout pour éviter tout débat à ce sujet. En effet, le nucléaire est en France un élément clé de l’indépendance énergétique, de la force de frappe, de 17 % des énergies totales et 80% de la consommation d’électricité, avec peu de gaz à effets de serre, beaucoup d’emplois qualifiés (et d’intérimaires affectés aux tâches dangereuses mais dont les cancers seront causés par le hasard !) et une électricité peu chère puisque c’est l’Etat qui a financé les investissements. Beaucoup d’intérêts sont donc en jeu, surtout depuis la privatisation du secteur !
Pendant des années, on a nucléarisé sans débats et, malgré des améliorations dans la communication sur ce sujet, la confiance dans la sécurité des installations est absente, chaque incident inquiète les riverains, les activités radioactives ont laissé discrètement derrière elles des lieux pollués gravement pour plusieurs siècles et le bon sens populaire sait qu’il vaut mieux éviter un cancer que d’avoir à le soigner !

Le becquerel gâte le vin

Il y a dix ans, quand l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, les énergies renouvelables étaient à 1%. Elle en a 20% aujourd’hui et une industrie performante a suivi ! La France refuse d’y penser et empêche d’en discuter au nom de la confiance accordée à la parole scientifique et industrielle promettant la maîtrise parfaite d’un risque calculé ! Le nouveau réacteur EPR est dit vraiment sûr ce qui est plutôt inquiétant pour les 58 anciennes centrales qu’on veut en plus prolonger ! La Finlande construit elle un site souterrain destiné à stocker les déchets nucléaires pendant 100 000 ans…
Après Tchernobyl, Chirac et sa clique, qui avaient relancé les expériences nucléaires dans les îles lointaines, ont arrêté les becquerels du nuage radioactif à la frontière et laissé les citoyens consommer végétaux et animaux contaminés pendant des années, puis ils ont mis en œuvre un plan cancer d’aide aux victimes. Parmi ces victimes, 650 tentent toujours de savoir en justice qui a provoqué leur souffrance et malheur depuis 25 ans. Car les causes sont toujours ignorées, sous-estimées, occultées et l’industrie nucléaire ose en plus se prétendre propre ! Faut-il attendre que la contrée tricastine (2 centrales et 3 installations nucléaires) soit tâchée d’irradiation, sa population évacuée ailleurs, son agriculture et viticulture détruites (les producteurs de Chusclan, Codolet, Bagnols/Cèze…, cachent leur proximité avec l’usine de Marcoule !), son territoire devenir zone fantôme pour comprendre ?

Silences douteux

Le Grenelle a refusé que ce sujet soit débattu, c’était toujours trop tôt sans doute, et au moment où le Japon plonge dans la tourmente nucléaire en démontrant que les meilleures protections n’existent pas, cette nouvelle pollution radioactive en cours va encore détruire la vie japonaise dans l’eau, l’air, les terres, semant l’horreur pour les humains, végétaux et les animaux pendant des siècles sur un large territoire y compris international défini par les vents ou les courants, hors de toute maîtrise technologique.
Et rien ne doit changer disent les responsables étatiques, vassaux industriels consentants et intéressés qui discutent seulement entre-eux et répètent que la situation est sous contrôle, qu’il faut garder son calme, rester confiants, laisser faire les chefs et les experts, et débattre plutôt de stupidités migratoires ou religieuses !

Le panache irradie malgré nous

Alors que Fukushima vient d’effondrer le mythe de la maîtrise du risque nucléaire, que TEPCO, la compagnie privée qui a noyé d’informations une population japonaise traumatisée, n’est pas capable de noyer ses réacteurs et a déjà semé la radioactivité pour de longues périodes sur le territoire nippon et ailleurs, comment les croire quand ce qui est présenté comme un progrès se révèle être une nouvelle catastrophe atomique ? Exemples :
* en Russie à Mayak en 1957 avec 200 morts, 18 000 personnes déplacées à vie et 470 000 contaminées,
* aux USA avec Three Miles Island en 1979 avec irradiation des eaux, bâtiments, airs, personnels et 15 000 personnes évacuées,
* en Russie à Tchernobyl en 1986 avec des milliers de morts par cancer parmi les 600 000 « liquidateurs », 250 000 personnes évacuées et où, 25 ans après, on va poser un nouveau sarcophage au milieu de villes fantômes et d’une région sacrifiée et interdite définitivement, avec des coûts humains et financiers terribles,
* et en 2011 au Japon où le parc nucléaire était réputé sûr, confié à des opérateurs hautement qualifiés qui servaient davantage leurs actionnaires privés que la sécurité, pourtant contrôlée par une administration équivalente à celle de la France, c’est la région autour de la centrale qui est promise à la terreur atomique et à devenir le territoire des ombres.
Rappel : La dose radioactive artificielle admissible en France est de 1 millisievert par an. Au Japon TEPCO annonce le 15 avril 2011 que, près de Namie, autour de la zone interdite de Fukushima, où les hameaux ont été évacués dans l’urgence, le dosimètre mesure 8 microsieverts par heure, soit 70 millisieverts en rythme annuel ! Le 28 avril, TEPCO annonce que la radioactivité ambiante à Fukushima est de l’ordre de 1220 millisieverts par heure ! 10 millions de fois la dose annuelle admissible, et commence un long processus de bioaccumulation qui va remonter les divers échelons de la totalité de la chaîne alimentaire planétaire… Santé !

Le Gaulois est soupçonneux

Demander aux producteurs atomiques de développer leurs industries uniquement lorsqu’elles ne présentent aucun risque serait un principe de bon sens, de respect de la vie des êtres vivants et de la planète ! Ce qui est toléré en matière nucléaire s’apparente à une mise en danger sournoise de la vie d’autrui organisé par les moyens de l’Etat sous le couvert du secret défense et de conflits d’intérêts… Attendre que la recherche trouve les solutions aux problèmes des déchets et irradiations, c’est leur façon de faire taire les questions !
Car en France, les grands démocrates politiques refusent toute contestation et débat qui révèleraient qu’ils consacrent à l’atome la quasi-totalité des fonds publics énergétiques, en ayant en plus le toupet de dire aux cobayes citoyens autruches (la tête dans le sable, les fesses et cartes bleues en vue !) que les énergies renouvelables coûtent chers et qu’ils vont distribuer le nucléaire même aux dictateurs.

Surtout quand le ciel va lui tomber sur la tête

Dans leur propagande atomique, ils comparent même le faible nombre de morts du nucléaire à ceux de la route ou de l’aviation, oubliant de préciser que quand un avion s’écrase, la zone est encore exploitable après l’accident, alors qu’elle est totalement irradiée et interdite pendant de très longues années en cas d’accident nucléaire.
Une Vallée du Rhône définitivement évacuée puis abandonnée pour cause d’accident nucléaire, il vaut mieux y penser avant qu’après, à moins de préférer une Humanité dont le seul avenir est cancer et mutation génétique pour tous… Leur indécence est si grande qu’ils laissent entendre que la sécurité française est meilleure que la japonaise, sous-entendu « acheter français ! », et se permettent même de considérer les éoliennes comme dangereuses… Eolien, combien de morts ou cancers ?

La tâche irradiante à laquelle ils sont attelés peut lancer la prochaine mode tendance en intégrant un compteur Geiger stylisé comme pendentif en collier et un bracelet avec boitier de pastilles d’iode porté au ceinturon. À moins que la démocratie du jasmin ne soit contagieuse et arrive à sortir très vite de cette société mortifère qui chasse le gueux et protège le prédateur.

Voir les articles dans ENVIRONNEMENT « Science sauve qui peut »

Voir le site du Réseau "Sortir du nucléaire"


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