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L’histoire du quartier des Gueux

Droit de réponse refusé par le maire

Après avoir évité un large débat qui aurait pu apporter des améliorations au projet du centre ancien,
Après avoir dégradé l’architecture locale et le patrimoine communal malgré un discours contraire,
Voilà que le maire réécrit l’histoire pour l’adapter à son grand œuvre.
En effet, dans le bulletin municipal d’octobre 2010, figuraient deux longs développements concernant l’inauguration des logements du centre ancien. L’un indiquait que cette réalisation prenait la suite d’un lointain oppidum ligure, ce qui est historiquement faux, et l’autre soulignait la renaissance du quartier, ce qui est vrai, mais tout à la gloire du maire et en passant totalement sous silence les contorsions architecturales déplorables qui détériorent définitivement le centre-ville.
Afin de corriger ou compléter ces informations, un droit de réponse est demandé le 2 décembre 2010 au maire sur le prochain bulletin. Aucune réponse municipale depuis, et aucun droit ni publication accordés dans le bulletin suivant ! Ainsi, une histoire erronée et farfelue de Barbentane est présentée à la population par un organe municipal…

Aussi, figurent ci-dessous les réponses aux éléments refusées par le maire : La correction historique (A) suivie du complément architectural (B) :

HISTOIRE (A)

TRIBU ET CENTRE ANCIEN
L’article affirme au 5ème paragraphe :
« Une autre tribu vit certainement à l’emplacement du centre ancien ».

Des familles de Chasséens ont occupé quelques pentes comme à Galavarde 5 000 ans avant J.C., mais depuis, aucune tribu n’a vécu à l’emplacement du centre ancien parce que les ancêtres Celtes ou Ligures n’avaient pas de raison de s’installer sur un caillou pentu soumis aux violences du vent du Nord et aux ruissellements intempestifs d’une période très humide qui a duré plusieurs millénaires et jusqu’au Ve siècle avant J.C.
Ensuite, si les archives historiques ont retenu l’existence de nombreux occupations de tribus ligures sous forme d’oppidum dans les villes des environs (Aramon, Avignon, Boulbon, La Roque à Graveson, Les Angles, Montfavet, Noves, St-Rémy, Villeneuve…) aucun oppidum n’est signalé à Barbentane. Pourtant, il ne serait pas passé inaperçu car ces places fortes étaient dotées d’une organisation militaire et communautaire efficace, dans un habitat fortifié sur et au pied de l’oppidum, au milieu d’importantes activités économiques comme la fabrication de céramique non tournée (prouvés par les découvertes lors des fouilles autour de celui de La Roque avec monnaies, puits, sculptures, activités portuaires…). Or, rien de tel à Barbentane !
Par contre, des nomades parcouraient la montagnette en fonction de l’épuisement des terres et végétaux. Et, après la baisse du niveau des eaux, les premiers habitants vivaient, comme toutes les peuplades d’alors, près d’une source, ici sur les hauteurs de la Fontaine (Lieu d’implantation du village ancien attesté par les poteries retrouvées dans le secteur), ou en plaine marécageuse dans des cabanes sur pilotis. Des lieux de sépulture ont été relevés sur le massif autour de Bassette.
Les romains ont beaucoup voyagé dans nos contrées à pied, à cheval ou en bateau, mais ils n’ont pas daigné utiliser le dit centre ancien, alors que quelques domaines agricoles sont évoqués en plaine vers les quartiers Terrefort et Fissarde aujourd’hui recouverts sous quelques mètres de limons charriés par les crues.
Le caillou du centre ancien, ainsi que l’espace pentu du large Cours pouvaient constituer des parcs à chevaux, moutons et chèvres, faciles à protéger pour la nuit.
Ce n’est donc que beaucoup plus tard que le dit centre ancien voit arriver des constructions médiévales.

L’ETHNIE DE LA ROQUE DONNE NAISSANCE À TROIS VILLAGES
L’article affirme au 6ème paragraphe :
« Après l’effondrement de l’empire romain, la petite ethnie implantée au quartier de La Roque donnera naissance aux trois villages de Graveson, Rognonas et Barbentane. Une partie vient donc consolider l’oppidum de ce centre ancien. »

Barbentane : À Barbentane, la tribu de la fontaine existe depuis longtemps, existe toujours à l’époque romaine et, même romanisée, se maintient ensuite mais on ne connaît pas le nom du village d’alors : Fretta ou Barban peut-être, mais aucune certitude.
Graveson : La Roque était, est toujours sur le territoire de Graveson, village existant déjà à la période romaine et les légions du Consul Sexius Calvinus en -123 avant J.C. n’ont pas fait de quartier avec la petite ethnie réfractaire de l’oppidum tout bonnement décimée ou envoyée aux galères… Elle n’a donc pas pu donner naissance à d’autres villages ! Le fameux Bellinto est alors installé par les romains au pied de l’oppidum pour servir de relais postal sur la voie Agrippa d’Arles à Avignon.
Quand l’empire romain s’effondre en 476 après J.C., la petite ethnie implantée à La Roque a disparu depuis longtemps.
Rognonas apparaît seulement au XIIIème siècle et il y a belle lurette que les Ligures comme les Romains ont disparu. On peut supposer que des cabanes lacustres sur pilotis occupaient les marais dans tout le secteur et les occupants ont pu constituer le premier Rognonas !
Mais, personne n’a donc pu consolider l’oppidum inexistant du centre ancien…

BELLINTO ET BARBENTANE NE FONT QU’UN
L’article affirme au 7ème paragraphe :
« Désormais, Bellinto et Barbentane ne font plus qu’un. »

Bellinto a disparu avec l’écroulement de l’empire romain et ce quartier de la Roque continue encore aujourd’hui de faire partie de Graveson.
Barbentane et Graveson existaient donc séparément comme voisins et le nom Berbentana n’apparaîtra qu’en 879, période où Boson y fait construire le château et sa tour juste au dessus du dit centre ancien actuel.

ASPECTS ARCHITECTURAUX OUBLIES (B)

LA RECONSTRUCTION DE LA VILLE
Sous le titre « La reconstruction de la ville… » pages 23 et suivantes, un long passage de l’article valorise la réalisation du centre ancien et semble oublier quelques réalités architecturales historiques.

Ce projet de modernisation du centre ancien répond, d’après l’article, à un critère municipal : « Parfaire l’intégration au tissu urbain »…, et à un des objectifs fixés par la commune comme exigeants : « Recréer tissu et salon urbain pour mettre en valeur des points de vue »… Or, nulle part ne figure le simple respect de l’architecture médiévale, qui était pourtant une des solutions pour intégrer la nouvelle construction dans le tissu urbain actuel.
Tous ceux qui ont la chance de voyager pourront comparer ces nouveaux styles barbentanais avec ceux qui donnent une harmonie à des villages comme Castillon du Gard par exemple, où la pierre de Vers couvre rues, monuments et façades de toutes habitations, ou comme Locronan en Finistère Sud, où la pierre de granit respecte totalement l’histoire, les voies et le bâti ancien. Et, ne parlons pas de Gordes ou des Baux de Provence que des milliers de touristes adorent visiter toute l’année…
Maisons et rues en pierres du lieu donnent à ces petits villages un caractère unique, magnifique et admirable. Il a fallu une volonté tenace et des moyens financiers importants pour conserver et aménager de tels espaces. Certes, le quartier du centre ancien représentait un ensemble architectural complexe et varié du fait d’un bâti successif sur une longue période :
* Des façades avec des typologies différentes : Période Médiévale (Église du XIIème avec un style roman ; Maison Chevaliers avec arcades renaissance en pierre) ; Renaissance (rues Droite, Caradone, Séquier), Classique (Caradone) ; Contemporaine (Pujade).
* Des pierres de taille grises ou jaunes avec ou sans enduit, avec ou sans peinture, avec ou sans baies,
* Des menuiseries ou ferronneries multiples, avec ou sans balcons, vérandas, verrières et ouvrages divers.
* Des toits avec tuiles, cheminées, gouttières, accessoires modernes (antennes...) très variés.

Vouloir respecter le patrimoine local obligeait donc à choisir un style et une période existantes ou proches, ce qui est possible ailleurs pouvant l’être ici aussi !
Surtout quand, dans l’éditorial du même bulletin municipal, M. le maire dit très bien et avec raison que : « L’urbanisme donne une âme aux villages », mais le résultat final est singulier :
* Modifications environnementales avec des conséquences fâcheuses pour le voisinage.
* Mélange des genres qui va forcer locataires et touristes espérés à cohabiter,
* Création de plusieurs styles d’architectures aux couleurs détonnantes,
* Non respect historique des monuments médiévaux,
* Hauteurs excessives des constructions,
* Effacement des ouvrages moyenâgeux par camouflage,
* Cumul de plusieurs décors incompatibles ajoutés à ceux existants (bétons gris, escaliers jaunes, logements aux crépis colorés et variés, rues noires goudronnées),
* Pas de continuité des façades alors qu’on réalise depuis des années des opérations PACT-ARIM pour aider à aménager celles du centre-ville au nom du respect de l’architecture locale !

Où est donc passée la belle pierre jaune (Eglise) ou noire (Tour) de Barbentane qui a fait l’histoire de nos traditions, de nos carriers, de nos rues, de nos maisons, de nos monuments anciens et du village ?

La suppression nécessaire d’une ruine est une bonne chose, mais très curieux a été le choix de constructions colorées modernes bleue, verte, rose, jaune, grise placées à côté de monuments anciens, réalisation qui contredit le respect des traditions de Barbentane et crée un malaise définitif devant une dégradation architecturale durable du centre ville.
Moderniser le centre ancien était une rude tâche que cette municipalité pourra mettre à son actif, mais rien ne l’obligeait à gâcher un symbole patrimonial historique.



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