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1) Retour à l’époque d’origine

Un "ru" innocent dans la tourmente ichartelienne…

Préliminaire.

Il aura fallu deux ans d’études coûteuses à 27 255 € pour que le "ruisseau" fossé du Colombier devienne la cause des inondations du village.
Pourquoi une telle accusation gratuite, enfin presque, ridicule sauf méconnaissance de son fonctionnement, et grave par les conséquences que l’on veut en tirer ?
Prendre en compte le risque inondations dans tous ses programmes électoraux et ne jamais savoir que faire, sauf nettoyer certains fossés et roubines ou cuveler une lonne, ne réduit pas le risque et ne prévient pas les dégâts surtout que, pendant ce temps, on accorde permis de construire ou d’agrandir en plaine et en montagnette afin d’entretenir le matelas électoral.
Résultat, des annonces fallacieuses, des constructions inconséquentes prenant la place de l’eau et des fossés qui ne peuvent plus évacuer le surplus, une gestion calamiteuse de la ressource hydraulique en une période cruciale de sécheresse et une lutte départementale inadéquate contre les incendies.
Refusant d’arrêter l’urbanisation, constatant l’insuffisance de son action, coincé par le risque hydraulique nouveau réapparu depuis 2003, contrarié par les contraintes du plan de prévention des risques, ignorant des réalités environnementales et incapable d’imaginer des solutions opérationnelles adaptées, le maire botte en touche en réalisant une étude Ipseau sur le Colombier, ouvrage antique mis en cause sans raison, pour servir de dérivatif à une équipe municipale peinant à définir la cause des maux hydrauliques du village, au point de demander à un cabinet de lui inventer des solutions ! Et les experts n’y vont jamais de main morte…
Plutôt que d’évoquer le contenu de cette étude de la part d’une société qui, déjà en 2004 avait découvert qu’il pleuvait à Barbentane et qui vient d’être rachetée par un autre groupe « INGEROP CONSEIL INGINIERIE », nous allons raconter l’histoire du « ruisseau » du Colombier, beaucoup plus intéressante que celle d’un nouveau rapport qui, comme les précédents, serait bourré de fautes, d’erreurs, d’oublis et de solutions toutes plus étonnantes les unes que les autres, au point qu’il faut espérer que les élus trouveront un profond tiroir où le ranger et ne feront rien pour détériorer un innocent ruisseau qui jusqu’alors a fort bien rempli sa mission…

1) Retour à l’époque d’origine.

C’est un évènement et une curiosité locale arrivant tous les dix ou vingt ans quand l’Étang, ce bassin naturel situé entre route de Frigolet, quartiers Carrières et Bassette est plein d’eau pendant des mois alors qu’il est habituellement sec le reste de l’année. Il faut alors ne pas trop s’y aventurer car le sol bourbeux s’enfonce sous le poids. Il vaut mieux attendre que l’évaporation et les infiltrations l’aient asséché. Chargé de toutes les eaux d’écoulement des massifs environnants, il est un réceptacle naturel formant cuvette qui les retient.
À l’époque gauloise, le climat et la zone de l’Étang offrent une autre situation.
C’est une époque très humide où les précipitations et ruissellements intempestifs durent depuis plusieurs millénaires, où la Montagnette baigne au milieu de la Durance et du Rhône, jusqu’au Ve siècle avant J.C. Dans ce contexte, l’Étang en est vraiment un toute l’année, ce qui exige de multiples aménagements pour le contourner ou éviter ses désagréments pour les ancêtres utilisateurs.
Le secteur du Colombier qui le borde au Sud-Est est un de ces ouvrages qui fonctionne encore aujourd’hui avec quelques difficultés inhérentes à l’oubli des habitants et de leurs élus.

Le ruisseau du Colombier dans son contexte géographique

●●● L’Étang en Montagnette ●●●

⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀● Draille gauloise de Fretta venant de Graveson,
⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀traversant le quartier des Carrières

⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀● Le Colombier depuis sa source au quartier des Bouisses
⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀route de Frigolet, jusqu’au quartier Terrefort

● Draille gauloise Trachor depuis le quartier Bragalance, longeant le quartier des Carrières vers Boulbon ou Barbentane

Il est situé à la croisée des chemins gaulois antérieurs ou des drailles ligures devenus ensuite voies romaines et donc au confluent de plusieurs lieux de passage historique de convois militaires, de troupeaux, de voyageurs et de marchandises à transporter hors d’eau, la plaine étant souvent inondable :
- Le chemin Trachor (du Gaulois TRE ou TRA = par ou à travers et CHOR ou CHENUT = bois de chêne) ou du Grand Traversier de la période gauloise remontant de Bragalance et Terrefort, longeant l’actuelle route des Carrières pour conduire vers Béquier et Boulbon.
- Le chemin de Calamagne (du Gaulois CALA = ferme ou dur et MAGNE = marais) a été créé à la bordure de l’Étang par les ligures pour éviter l’embourbement de l’actuelle route de Frigolet et conduire vers Graveson en passant par le mas de Madame mais sur une seule voie. Les Romains l’ont complété d’une deuxième voie terrestre secondaire, appelée terrana ou rustica avec double sens unique à partir du l’actuel Mas de Madame, alors villa romaine succédant à la tribu ligure de Fretta (!).
- La voie romaine Aggripa d’Arles à Lyon, passant par le relais de Bellinto, allant vers Avignon, sur l’actuel chemin d’Arles, mais réservée uniquement aux convois militaires et aux postes romains qui ne devaient pas être gênés par d’autres utilisateurs. Ce qui oblige les Romains à :
➢ détourner le trafic vers d’autres voies,
➢ occuper les lieux en installant un relais et villa romaine à l’actuel « Mas de Madame »,
➢ améliorer les voies de passage pour troupeaux, voyageurs et marchandises, et donc,
➢ modifier les écoulements existants afin de réduire ceux inondant l’Étang en construisant un ouvrage imposant bien que modeste « Le Colombier » sur près de 3 km,
➢ dévier et canaliser une grande partie des eaux du massif Nord s’écoulant le long du quartier Carrières vers Terrefort pour protéger les carrières de pierres du secteur dont ils ont grand besoin,
➢ renforcer la protection des chemins existants,
➢ diminuer la pression hydraulique sur l’Étang et asséché, le rendre utilisable pour l’agriculture.

Voir la suite « 2) Le Puits dit de la Ville »


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