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10) Le Colombier vous salue bien

La première et seule question posée dans ce chapitre est importante tout comme les réponses : Si les débordements ou petites inondations de novembre 2011 n’ont pas été causés par le Colombier, qui en est responsable ?

Le nettoyage de la lonne dans le secteur du Mouton avait été effectuée quelques jours avant le 5 novembre, ce qui lui a permis de bien fonctionner, mais sans pouvoir empêcher le débordement sur les routes et chemins de tous les quartiers proches. Elle n’a pas été conçue pour cela et ne peut que recevoir, stocker puis évacuer quand c’est possible un flux excessif. On peut le regretter, mais s’il est impossible d’arrêter une pluie abondante, encore ne faut-il pas en aggraver les conséquences…
La noyade des terres autour des domaines de Terrefort et le niveau élevé des roubines pouvaient même laisser supposer que Rhône et Durance avaient débordé de leur lit ou brisé les digues, pourtant ce n’était pas le cas.

Le phénomène relève donc de bien d’autres raisons qui méritent attention :

- 1. Le territoire contient de nombreux ouvrages anciens actifs, ignorés et problématiques.
Plusieurs bassins réservoirs historiques sont en effet méconnus dans leurs utilités, comme l’Étang, ce gigantesque réceptacle naturel et ouvrage protecteur en service permanent que l’on ignore régulièrement en l’urbanisant par petites touches, comme si cela n’avait aucune importance : Lotissements, maison de retraite, nouvelle école et station de pompage sont non seulement situés à proximité mais y écoulent leurs flux pas toujours propres naturellement sans aucune considération ni compréhension de son fonctionnement et des effets retard assurés qui seront causés par « pas de chance ».
Par malheur pour le village, cette zone naturelle de réception des eaux reçoit aussi les pollutions déposées dans l’air par les véhicules de plus en plus nombreux qui y circulent alors qu’il faudrait les interdire ou réduire, et des activités urbaines et industrielles voisines tolérées.
Toutes ces saletés sont ainsi emportées par les ruissellements vers les failles géologiques du massif et rejoignent ainsi les sources et lonnes souterraines qui alimentent les eaux profondes dont celle où la nouvelle station de pompage va puiser, ressources importantes qu’il faudrait absolument préserver… Un véritable saccage silencieux en cours.
Il y a aussi les bassins réservoirs des Perrières, de Bragalance et de Pendieu, totalement ignorés et subissant les mêmes contraintes, quand ils ne sont pas devenus des terrains d’aventures sportives. Leur fonctionnement perturbé se mesure avec l’accroissement des écoulements les jours de fortes précipitations depuis les quartiers des Espidègles et Pendieu vers les quartiers de Castelmouisson, Sous-les-Roches et Terrefort où le baigne-pied est devenu tendance.

L’hydrologie locale devrait être gérée par un service permanent compétent, efficace et doté de moyens adéquats. Elle est ignorée voire abandonnée à son sort, sauf pour les effets de manche d’un maire qui joue avec l’eau comme avec la Montagnette…
Les inondations de novembre 2011 ont donc été aggravées par les erreurs hydrauliques communales commises depuis l’Étang, jusqu’aux confins Est de la Montagnette.

- 2. La liaison routière dite LEO dont les auteurs avaient juré qu’elle n’aurait aucun effet sur l’environnement.
Les roubines de Fissarde, Bruyère, route d’Avignon, etc., ont reçu tellement d’eau qu’elles ont bloqué les écoulements de celles de la route de la Gare, Cacalauze et du Colombier. En dernier ressort, la lonne a évidemment peiné à évacuer.
Mais les eaux ne sont pas arrivées seulement des nuages.
Depuis les travaux de la LEO et ses tripatouillages en profondeur les fuites et résurgences des lonnes souterraines touillées, elles-mêmes alimentées depuis la plaine de Châteaurenard et au-delà, sont plus actives et surchargent les roubines de manière inhabituelle.
Les écoulements accélérés des nouvelles surfaces goudronnées ou à évacuer ont accru les flux.
Les familles du chemin d’Arles voient même leurs maisons se lézarder sous le travail des eaux !
Les derniers travaux municipaux sur les roubines aux limites rognonaises pour écouler en douce plus d’eau vers Graveson n’ont servi à rien… Celles-ci ont donc été débordées et n’ont pu évacuer tout le flux.
Si, par malheur, la deuxième tranche LEO aérienne se construit côté Rognonas, l’impact hydraulique venant de Châteaurenard va aggraver fortement toutes les zones voisines en plus d’une large pollution. Mais les apprentis sorciers affirment le contraire et ne jurent que par le développement aveugle que des autorités tatillonnes refusent !

- 3. La zone de la CCRAD à Sagnon où l’hydraulique a été ignoré.
Les études d’Ipseau ou de la DDE ou d’autres oublient curieusement que toute la zone depuis les brassières de Barbentane à St-Etienne du Grès et même au-delà, est située sur l’ancien lit du Rhône et de la Durance. Elle est donc entièrement dépendante des hauteurs d’eau de la rivière et du fleuve, la roubine du Vigueirat en étant l’exutoire superficiel, et une étude qui l’oublie est ridicule et dangereuse :
& Ridicule parce qu’elle ignore les réalités hydrauliques qu’elle est sensée décrire et se permet en plus de désigner un innocent Colombier coupable !
& Dangereuse parce que les habitants des lieux vont payer cher des aménagements inconséquents en la matière.
La Communauté des Communes (CCRAD) qui a créé cette zone d’activités de Sagnon a connu ses premières difficultés dès la construction. Son incompétence hydraulique a obligé les architectes à enfoncer les supports ancrant le bâtiment à une profondeur du double de celle prévue à l’origine, pour cause de zone humide ! Il suffisait pourtant de questionner les anciens propriétaires…
Tellement humide que les recherches archéologiques funéraires n’ont pu être menées à terme !
Aujourd’hui, la CCRAD cherche même à élargir la zone pour récupérer des surfaces afin d’essayer de mieux écouler ou contenir les eaux… Pourquoi ne pas y stocker des barques ?
On a fortement bétonné le tout et les eaux de pluie ont déjà démontré leur capacité de nuisance naturelle en s’écoulant trop vite et trop fort vers le village de Graveson, grand bénéficiaire de la pente naturelle des lieux.
L’écoulement excessif des surfaces bétonnées et la remontée des niveaux des eaux souterraines ont aussi affecté pareillement la zone de Terrefort à Barbentane dans le secteur voisin de Sagnon ce jour humide de novembre.

- 4. Bétonnage et urbanisation, les deux mamelles du développement intempestif, aveugle et irresponsable.
La CCRAD a ainsi laissé Avignon, Châteaurenard et les autres villages se livrer à une urbanisation "indispensable", appelée écoquartiers pour faire grenelleux, dont un jour la facture sera lourde en inondations hasardeuses plus bas, mais dont les pénibles conséquences seront évidemment attribuées aux catastrophes dites naturelles.
Mieux, elle en réclame toujours plus pour remplir la nasse…
Les discutailles en cours sur le Grand A, la petite COGA, l’énorme Pays d’Arles, « je te veux, je te veux pas » ! Les plans locaux d’urbanisme (PLU) en préparation (entre élus seuls) de part et d’autre du fleuve et de la rivière, illustrent l’incompréhension généralisée de la situation du secteur en matière d’hydraulique.
L’incohérence du discours des élus naviguant entre une volonté farouche d’un développement pied dans l’eau qui peut noyer les administrés tout en leur promettant la sécurité ; des PPRI de compromis consistant sans le dire à choisir le nombre de barques, de bouées de secours et qui sera noyé, seront impuissants à éviter l’inéluctable.
La rupture des équilibres est déjà installée et son simple signalement dans les cartes PPRI courroucent et humilient avec raison les maires refusant de reconnaître leur tort et la triste réalité qu’ils ont contribué à créer. Seule une sécheresse durable peut les sauver du ridicule !
Pourtant, les signes d’avertissement se reproduisent comme ce vendredi 5 novembre 2011, où la Durance était en petite crue, les sols déjà gorgés d’eau et la pluie importante. Par chance, elle n’a pas duré, cette fois…

- 5. La Durance qui impose toujours sa présence et, bonne mère, alimente ses casiers hydrauliques.
Les barrages, déviations, pompages n’ont pas réussi à la calmer mais à la perturber au point de ne plus rien pouvoir empêcher dans ses moments d’impétuosité. Sa menace périodique n’a pas disparu comme voudrait le faire croire le SMAVD et les maires riverains en soulignant abusivement et excessivement les digues protectrices en cours de réfection, tarte à la crème des promoteurs qui réjouit les maires bâtisseurs, illusionne les futurs et proches habitants, laisse penser que les autorités ont la solution, et prépare des lendemains qui déchantent lorsque les eaux surgissant du sous-sol se liguent à celles tombant du ciel.
Sa remise en eau imposée par l’Europe pour protéger l’Etang de Berre, demandera beaucoup de temps pour qu’elle retrouve un lit normal, surtout qu’elle se heurte maintenant à un mur de limons constitué à son confluent avec le Rhône et dans le barrage de Vallabrègues que personne ne veut nettoyer pour des raisons financières !
Pendant que les autorités gardent le silence sur son état et les conséquences environnementales, elle peut donc continuer à jouer avec l’eau et sa plaine sous tutelle, pendant que les élus, assez bêtes pour négocier leurs zones inondables, sèment l’illusion en laissant croire que les digues qui protègent déjà mal les constructions existantes, vont permettre de sauver les urbanisations futures…
Car, notre majestueuse rivière a la fâcheuse habitude en cas de crue, de s’engouffrer dans les lonnes ou nappes souterraines qui en dépendent et resurgir quelques kilomètres plus loin suivant le principe des vases communicants. Notion technique sans doute trop compliquée pour nos autorités, et qui explique pourquoi le niveau d’eau est élevé en plaine lorsque la rivière gronde.
Quand la pluie tombe, le niveau d’eau dans la rivière s’élève et la plaine baigne donc aussi ! Ce qui devrait être pris pour une mise en garde, un rappel de bon sens, un conseil gratuit, une précaution, est trop souvent considéré comme une gêne que la technique moderne doit résoudre pour assurer un développement régulier, chargé de satisfaire la promesse insensée d’élus incorrigibles, qui ont besoin d’un cabinet d’études pour justifier leurs billevesées.

C’est ainsi qu’ils n’ont rien dit, laissé faire, en réclament même encore quelques tranches et qu’à présent, la nasse étant trop chargée, ils pensent que leur agitation et vocifération suffiront à résoudre le dilemme, pour eux administratif, alors qu’il est bien trop tard pour réagir après avoir accepté l’inimaginable.

- 6. Les roubines ne peuvent évacuer l’eau que si elles sont adaptées aux flux à recevoir !
Ce n’est plus le cas depuis longtemps…
Les ouvrages existants ne peuvent plus suffire devant des eaux toujours plus rapides et nombreuses.
Leur nettoyage est donc devenu une décoration environnementale, inefficace en période de fortes intempéries. Elle sert surtout de prétexte et d’agitation médiatique pour éviter les questions qui fâchent, exemples :
- La roubine basse du Colombier avait été très bien nettoyée avant les pluies dans sa partie Terrefort, mais cela n’a pas empêché l’inondation du quartier avec des conséquences pénibles pour les agriculteurs, éleveurs et habitants. En fin de soirée du 5 novembre 2011, le niveau des roubines et lonne retrouvait sa normalité, même si les sols ont été plus longs à évacuer.

Ceux des nouveaux lotissements voyaient même l’eau pour la première fois ! Preuve que le nettoyage municipal est seulement un effet d’annonce qui évite de parler de l’effet désastreux des constructions sur les écoulements en plaine que l’on préfère ignorer !

- La roubine haute du Colombier (en-dessous de son seuil) :
& Son nettoyage au secteur de Valboussières et la rupture de l’écoulement vers Bragalance par rehaussement du chemin, provoquent des ravinements excessifs qui dégradent déjà le lit nettoyé et enlimonent la roubine plus bas. Beau travail !
& Mais ce sont les écoulements des routes des Carrières et Sous-les-Roches, du lotissement de Pendieu et de la Maison Familiale de Voulongue, c’est-à-dire des secteurs urbanisés, comme des terrains agricoles de Miassouse, qui ont apporté l’essentiel du flux.
Les constructions d’en haut, inondent celles d’en bas, évidemment.

Or, le maire rêve d’urbaniser la Montagnette par petit bout, sans oser l’avouer pour obtenir l’accord de ses élus, c’est-à-dire qu’il a décidé de dégrader le patrimoine dont il a la charge, pour « protéger la plaine en construisant en hauteur » ! Il lui faudra sans doute plusieurs cabinets d’étude pour justifier cette turpitude qui met en danger permanent le village !

C’est vache, le maire veut créer un bassin réservoir à deux bouses de là !

CONCLUSION :
Le Colombier n’étant pour rien dans les difficultés hydrauliques du village, les vraies causes durables ne vont guère changer et la situation dépend de quelques heures de pluie en trop ou en moins. Si le 5 novembre les intempéries avaient duré deux heures de plus, il fallait évacuer les habitants de la plaine en urgence. Côté mairie, on avait anticipé et les lits de camp étaient déjà installés sur les hauteurs… On a frôlé la cata, mais on va peut-être continuer comme s’il ne s’était rien passé et accuser le Colombier !
Le fonctionnement du territoire est entre des mains aventureuses et les autorités administratives laissent faire…
La communication développée pour justifier l’étude Ipseau contre le Colombier, puis celle qui sera nécessaire pour expliquer la prochaine catastrophe, et enfin celle qui devra démontrer que le maire n’est pas responsable des dégâts à venir, ressemblent à de l’enfumage habituel avec ou sans citations.

Le village de Barbentane est-il dans une situation hydraulique sans avenir !

Voir la suite « 11. Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites. »


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