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Faune qui souffre

La situation de la faune n’est pas brillante

Elle se dégrade régulièrement depuis longtemps pour plusieurs raisons :

- L’emploi des produits chimiques dans l’agriculture détruit les bases alimentaires des animaux, pollue l’environnement où ils vivent, détériore leur santé : Même si leur emploi s’améliore lentement, le DDT des années 1960 en est le pire exemple et les agriculteurs eux-mêmes en sont les premières victimes. La France est le troisième consommateur mondial de pesticides avec 76 100 tonnes vendues en 2004, le premier utilisateur en Europe même si, par hectare cultivé (5 kg/an), sa consommation la place au quatrième rang européen. Attention aux dégâts collatéraux, tant pour l’environnement, les animaux que pour la santé humaine par une contamination "avérée" des eaux souterraines et de surface, de l’air et des sols. Pourtant l’INRA et le Cemagref démontrent que l’utilisation de blé rustique, au rendement plus faible, nécessitant moins de pesticides, est aussi rentable que celle de variétés plus productives, mais aussi plus fragiles : Mieux vaudrait rechercher leur adaptation aux terroirs locaux, une meilleure rotation des cultures, la mise à profit de la biodiversité variétale, des productions intégrées et biologiques..., au lieu de détériorer l’environnement.

- La perte de lieux naturels. L’endiguement de la Durance et du Rhône ont fait disparaître des hectares d’arbres et de berges où la nidation était possible. Remplacés par des digues de rochers et graviers, elles n’offrent plus ni refuges, ni lieux de vie. Obligés de séjourner dans la plaine cultivée (et polluée) ou en Montagnette, la faune se raréfie. Les prairies, luzernes... d’autrefois ont disparu ou presque, même si les enclos à chevaux reviennent en nombre. Or, les insectes dont se nourrissent les oisillons et oiseaux y sont de plus en plus rares. La biodiversité est contrariée.

- La sécheresse de plus en plus grande a modifié le développement végétal : zone sèche sur le massif avec disparition des protections herbagères l’été, réduction des espaces arborés, risque d’incendie, absence d’eau vitale et c’est tout le cycle animal-végétal qui ne fonctionne plus.

- Les pollutions au plomb de chasse. Crachés par les fusils, les milliers de billes de plomb laissées sur le sol (300 par cartouche), sont confondues par les oiseaux avec des cailloux dont leur digestion a besoin. Une fois avalées, les oiseaux sont alors atteints de saturnisme en 21 jours. Mais eux-mêmes sont à leur tour mangés par les chasseurs, ou les consommateurs, ou d’autres animaux qui, à leur tour, vont voir leur santé se détériorer... Il n’y a pas qu’en Camargue où ce problème est ravageur. Les USA n’autorisent plus depuis 1975 ce type de cartouches, remplacées par des billes en acier, et la France a adhéré à la convention internationale qui les interdit depuis l’an 2000. Mais de décret en décret, elle a repoussé son application jusqu’en 2005, et vient de le repousser à nouveau en 2006... La commission de la chasse barbentanaise en débat toujours actuellement !

- La modification des structures d’irrigation de la plaine : abandon des filioles d’arrosage à partir du canal qui apportaient eau et environnement végétal dans une partie du territoire. Leur disparition est une cause supplémentaire d’aggravation de la situation de nombreux animaux, oiseaux ou insectes de proximité qui n’ont plus la possibilité de les utiliser.

Les problèmes de la faune sont aggravés par les causes naturelles et surtout par ces différentes causes humaines. Il ne faudrait pas que le zoo ou le parc animalier soit le seul lieu où nos enfants puissent encore regarder un animal ou un insecte.

La biodiversité (existence commune d’êtres divers) n’est pas la réservation de tout l’espace par l’homme et ses activités, mais la retenue nécessaire pour permettre à ces compagnons d’infortune de trouver leur place parmi nous. La chasse aux grands prédateurs (loup, ours, félin, rapace, requin...) et leur disparition, est aussi la destruction d’écosystèmes adaptés à leur existence, riches de myriades d’animaux et d’insectes où chacun avait sa place et son rôle. Ainsi après 1847, date de la présence du dernier loup en Montagnette, la dégradation de la faune aggravée par le braconnage en temps de guerre, a obligé les sociétés de chasse à repeupler le massif en lapins dès 1948 et encore aujourd’hui !

Notre incompréhension de leur rôle important dans la nature, le regard amical ou le préjugé dédaigneux que nous leur portons, s’accompagnent d’actes correspondants que l’animal ne peut que subir sans pouvoir se plaindre. Elles dénotent aussi l’irresponsabilité quotidienne de nos habitudes dont il paie un prix très élevé, avec les conséquences en retour pour notre propre vie.

Exagérations ?

Même les animaux dits de compagnie ou d’élevage, dont la plupart sont souvent élevés avec amour, subissent nos errements, « pour leur plus grand bien, évidemment » : Combien sont attachés, enfermés, entassés, séparés de leurs familles, abandonnés, bourrés d’aliments industriels ou pire de cadavres d’animaux (vache folle), castrés, inséminés, dressés, exploités, malmenés, exhibés, vendus comme des objets commerciaux, et sujets d’expérimentation des laboratoires !

La grippe ou peste aviaire du virus H5N1 ne va pas améliorer la situation des volatiles. Des millions d’entre eux vont être jetés au feu par « simple précaution » et chaque oiseau devenir une menace potentielle...

La pollution au dioxyde de carbone va être terrible dans ses effets sur l’homme comme sur les animaux. Nous pouvons fermer yeux et oreilles et continuer à polluer : Une heure de vol d’avion rejette 125 kg de CO2 par passager, un km de voiture 200 gr de CO2, les cheminées d’usines aggravent le processus pendant que le sol, réchauffé par la canicule et qui contient 300 fois plus de gaz que nous en produisons, rejette dans l’air le CO2 qu’il a stocké au lieu de le conserver... Et alors ? Alors, la moitié de ce dioxyde de carbone éliminée dans l’air est absorbée par les eaux et océans où il va diminuer dramatiquement le taux de carbonate de calcium. Et alors ? Alors, ce carbonate est indispensable aux crustacés, huîtres, etc, pour construire leur coquille et carapace ! En 2010, c’est demain, une baisse de 60 % de ce sel est envisagée et menace toutes ces espèces...

Comment encore s’étonner de leur difficulté, de leur disparition ou de leur rareté et de notre aveuglement ?


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